Portrait « Vigneron » : Vitalie TAITTINGER

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Ces femmes qui font le Champagne : Vitalie Taittinger

De tout temps, les femmes ont occupé une place prépondérante dans l’histoire du champagne. Que ce soit Louise Pommery, ou la célèbre Veuve Clicquot et beaucoup d’autres encore dont les noms sont moins célèbres, les femmes se sont souvent penchées sur le berceau de ce merveilleux breuvage. Avec les années, ce mouvement s’est encore amplifié.

Il n’est pas rare aujourd’hui de rencontrer des femmes dans des grandes maisons de champagne ou bien même dans des petits domaines qui comptent quelques hectares de vignes. Vitalie Taittinger fait partie de ces femmes de champagne. Pourtant rien ne la prédestinait à cet emploi. Passionnée d’art, après ses classes secondaires elle rentre à l’Ecole de Dessin d’Emile Cohl pour se perfectionner dans le dessin et l’illustration. Elle crée une micro entreprise, afin de pouvoir suivre l’orientation choisie.

Cependant, en 2007, Pierre Emmanuel Taittinger, son père, rachète la maison éponyme. C’est une grave décision très courageuse, très lourde à porter, qui réjouit tous les amateurs de champagne. Il lui faut réunir toutes les chances et ranimer toutes les ardeurs pour l’aider à réussir ce challenge. Vitalie prend alors la décision de rejoindre son père, ainsi que son frère Clovis, afin de le seconder dans ces moments cruciaux. Elle s’investit donc entièrement aux côtés de son père et se recrée ainsi un cocon familial. Elle se plonge à fond afin de finaliser cet objectif et prise au jeu, elle devient presque naturellement l’égérie de la marque. Ce rôle va particulièrement bien à cette belle jeune femme de 35 ans dont les portraits rehaussent actuellement toutes les  campagnes publicitaires.

Son avenir lui paraît désormais tout tracé. Son frère, Clovis, s’occupe de l’export, et elle prend en charge le marketing qui correspond le mieux à ses aptitudes. Si elle adore le champagne, surtout accompagné du « biscuit rose » de Reims, elle aime néanmoins les vieux bordeaux, ainsi que les bourgognes blancs. Pour ce qui est de la cuisine, elle affiche des goûts simples. Elle se souvient avec émotion de la cuisine familiale et des saveurs authentiques. Ce sont ces mêmes saveurs qu’elle retrouve dans des petites tables sympathiques à Paris, spécialement au restaurant « Le Baratin », dans le 12ème où l’on peut trouver une cuisine simple et des plats anciens tels que les abats et la cervelle, la cuisson y est juste et les goûts sont naturels. Elle ne néglige pas pour autant la cuisine des grands chefs, elle fréquente « Le Balzac » à Paris pour y apprécier la cuisine de Pierre Gagnaire, à Reims la table de Philippe Mille aux « Crayères » et bien sur à Tinqueux, le cuisine d’Arnaud Lallement, le nouveau chef trois étoiles de l’année. Si le nom illustre qu’elle porte la prédestinait à cet emploi, elle en assume l’héritage avec courage et dignité. Un exemple à suivre.

Yves Sacuto