A Abu Dhabi, cap sur la culture – Grand reportage, par Marie Josée Colombani

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Abu Dhabi ne vit pas au présent, cette île minuscule vivotant du commerce des perles il y a tout juste une cinquantaine d’année  ne connaît que le futur. Grâce au dieu pétrole qui a offert à ses habitants l’un des revenus les plus élevés de la planète, l’avenir pour elle s’appelle culture, art, loisir, tourisme gastronomie… et écologie. Autour des ses musées des mille et une nuit, de ses palaces incroyables et de son art de vivre, elle compte bien attirer le monde entier.Abu Dhabi : « père de la gazelle », a été fondée sur une île au Nord de l’Emirat au milieu du XVIIIème siècle par les membres de la tribu des Bani Yas. Abu Dhabi possède des frontières avec l’Arabie Saoudite, le Sultanat d’Oman et les émirats de Dubaï et de Sharjah. Dés 1966 Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan devenu souverain, décide en visionnaire, d’investir les colossaux dividendes de ce pétrole qui  coule à flot pour  transformer Abu Dhabi en un État moderne et prospère. En 1971, les Britanniques se retirent de la région entraînant la création de la Fédération des Émirats Arabes Unis en tant qu’État indépendant.

Abu Dhabi est actuellement le plus grand et le plus riche des Emirats et la 3ème source pétrolière mondiale. Son modèle économique s’apparente à  un véritable cas d’école. C’est en effet un des tous premiers états souverains à anticiper «l’après pétrole ». Sa stratégie consiste donc à affirmer et positionner Abu Dhabi comme une destination d’arts et de culture en misant sur un développement diversifié pour lequel pas moins de 300 Milliards USD seront investis dans les 10 prochaines années). Une vision à long terme qui associe culture et utilisation des énergies renouvelables et où tout naturellement, la gastronomie tient une place de choix avec l’exemple du Gourmet festival 2009 le  premier du genre dont le but est selon le sheikh Sultan Bin Tahnoon Al Nahyan, Chairman de l’ADTA (Abu Dhabi Tourism Authority ) :   «Elever la cuisine du Moyen Orient à un stade gastronomique et se positionner  dans le futur comme un lieu d’événements incontournables». Cependant, l’île voisine de Saadiyat avec la création de 5 musées et non des moindres, devrait devenir le coeur culturel d’Abu Dhabi : tout d’abord le Louvre Abu Dhabi, la France et les Emitrats ont signé un accord pour 30 ans (en contrepartie d’un milliard d’euros !) portant sur la conception et la mise en oeuvre de ce musée confié à l’architecte français Jean Nouvel, un exploit technologique : la structure en dôme filtrera les rayons du soleil pour donner un aspect d’oasis flottant.
Le coup d’envoi en grande pompe par le président Sarkozy vient tout juste d’être donné. Ensuite le  Guggenheim tout aussi magnifique et  étincelant confié lui au célèbre américain Frank Ghéry, le musée Cheikh Zayed attribué au non moins célèbre  Norman Foster, le fabuleux musée maritime de Tadao Ando et la faramineuse salle de  spectacle ; l’œuvre d’une compatriote l’architecte Zaha Hadid. Culture encore avec le « Festival International du Film du Moyen-Orient » (MEIFF). Il présente les meilleures œuvres cinématographiques à la communauté internationale. Tout en attirant  des stars internationales et les plus grands noms  de cette  industrie, il révèle les talents cachés de la région. Idem pour le « Festival de Musique et des Arts » et celui de  Musique Classique. Les amateurs peuvent en profiter pour visiter la superbe Fondation des Arts et de la Musique. Quant aux expos de peinture sculpture et arts vivants, elles font florès, l’art arabe explose tandis que des multitudes de galeries exposent à tout va art européen et américain. Rappelons que la première exposition  majeure sur Picasso a été présenté ici… avant Paris ! Ce pays neuf dans cette région troublée du monde entend offrir une image moderne de tolérance, et d’ouverture. Venus chercher l’eldorado au pays de l’or noir, expatriés asiatiques et occidentaux s’y pressent, ils comptent 85% de la population !
L’automobile est également devenu la grande affaire avec la construction toute récente sur Yas Island à 30 minutes de la capitale d’un des plus longs et des plus exigeants circuits au monde. S’il existe de nombreux aménagements autour de la pratique de l’automobile dont un centre très convoité de pilotage et un parc à thème Ferrari, les autres sports et loisirs ne sont pas en reste : golf, polo, centre équestre, hippodrome (le Pur Sang Arabe fait d’ailleurs la fierté des Emiratis), parc aquatique,  shoping sur plus de 300.000 m2 d’espace commercial (le sport préféré des expatriés et des touristes). Les espaces verts, les hôtels de lagune, les marinas, les appartements et villas luxueuses et sécurisées, les spas en tout genre font de cette île une destination touristique internationale. Une curiosité, c’est ici que se trouve l’Hôpital des Faucons. Ultra sophistiqué, il dispose d’un bloc opératoire et d’appareils de radiologie pour soigner les oiseaux. Ouvert à la visite, le grand public  peut profiter également d’un déjeuner arabe traditionnel et assister à un envol. Quant à la véritable passion nationale, les courses de chameaux, elles se déroulent les jeudis et vendredis en hiver, au champ de courses d’Al Maqam, et à Al Ain.

Al Ain : seconde ville de l’Emirat

La seconde ville de l’émirat, Al Ain (la « ville-jardin ») porte bien son nom avec sa verdure luxuriante que mettent en scène les dunes de sable rouge majestueuses qui l’entourent  dominées par le Djebel Hafeet, la montagne la plus haute des Émirats Arabes Unis. Peuplée depuis l’antiquité grâce à sa richesse en eau provenant des sept oasis, c’était une escale obligée sur la route des caravanes, ce concentré de beautés naturelles  offre plus de 10 000 hectares  réservés aux parcs et jardins, ainsi qu’aux fermes, laiteries, plantations et au plus grand zoo de l’émirat. La région la plus fertile du pays est également parsemée de forts d’antan : Mujairib, Mawaiji, Hili, Rumeilah, Mazyad et Murabba… autant de repères historiques. Ainsi  du fort Jahili, cette ancienne demeure du premier souverain d’Abu Dhabi qui se distingue par  son impressionnante tourelle principale sur quatre niveaux. Quant au fort Oriental construit en 1910 et dont l’enceinte s’érige de quatre tours de guet, il se situe dans l’enceinte du musée d’Al Ain, un musée remarquable qui fait découvrir toute l’histoire de l’émirat d’Abu Dhabi avant  la découverte du pétrole. Pour remonter le temps, il faut se rendre aux environs de la ville  à la  « vallée des fossiles » ou au parc archéologique de Hili  bourré de sites de l’âge du Bronze et du Fer.

L’oasis de Liwa

C’est par la luxuriante oasis de Liwa  sur un ensemble de petites collines éparpillées que s’ouvre les portes du monde ancien des Bédouin du Rub Al Khali, les grandes étendues de sable et les oasis de cette région intacts depuis des millénaires, continuent de dérouler  de somptueux paysages en un  vaste océan de sable qui s’étend vers le Sud jusqu’à Oman, au Yémen et en Arabie Saoudite. Le quart vide serait le plus grand de tous les déserts et d’ailleurs encore souvent  impénétrable. Avec ses dunes vertigineuses, il couvre quelques 650 000 km2. En ces lieux inhospitaliers grâce à l’eau, Liwa servit de sanctuaire et de lieu de salut aux tribus bédouines pendant des centaines d’années. Elle attirait aussi bien les communautés sédentarisées que les bergers et les négociants nomades. Puissante, Liwa est la demeure ancestrale des  Bani Yas qui  rallièrent  de nombreuses autres tribus recherchant protection et sécurité. De nos jours, nombre d’émiriens importants, notamment la famille régnante Al Nahyan d’Abu Dhabi, descendent des Bani Yas. Aujourd’hui la ville est le point de départ de circuits touristiques : safaris en 4×4, ski sur dunes, balade à pied ou à dos de dromadaires, campements dans les oueds… une « épopée » qui s’achève traditionnellement par un dîner sous tente bédouine  aux dernières lueurs flamboyantes du soleil couchant.

Engagement écologique et développement du territoire maîtrisé

Sous la bannière  « zéro carbone, zéro déchet » se créent de nombreux programmes de préservation de l’environnement. Premier du genre, sur la côte Ouest à 250 km d’Abu Dhabi :  Desert Islands, à terme 8 îles naturelles organisées autour d’une réserve sous-marine et d’une autre pour  la reproduction des oiseaux et des tortues Pour l’heure seule l’île de Sir Bani Yas est opérationnelle. Au sein de ce véritable sanctuaire naturel qui abritera d’ailleurs bientôt le Parc Naturel National d’Arabie, on peut  observer quelques-unes des plus rares espèces animales endémiques du monde, dont le fameux oryx arabe ou le Scimitar-horned Oryx, la gazelle de montagne. Une lagune a été aménagée pour les activités nautiques et du sable immaculé a été  importé d’Algérie. Au nombre de 6, les « Discovery Islands » rassembleront plusieurs îlots où « Dalma Island » accueillera un musée archéologique et un centre de recherches sur les énergies alternatives. Au total, 4000 chambres ont été créées depuis 2010 pour une capacité d’accueil de 250.000 visiteurs. Depuis 2009, des vols réguliers en hydravion s’effectuent entre Abu Dhabi et Sir Bani Yas Island. Un moyen idéal pour s’enchanter, vu du ciel, de ces poussières d’émeraude sur le turquoise à l’infini des eaux.

La Gastronomie

Même si elle continue de cultiver son identité arabe par une cuisine inspirée du Moyen-Orient principalement du Liban ou de l’Iran tout proche, Abu Dhabi offre toutes les cuisines du monde et Pas un des cafés traditionnels qui ne serve la chicha, du café noir et sans sucre aromatisé d’un soupçon d’épice, (généralement  cannelle ou cardamome) accompagné de quelques dates pour en atténuer l’amertume. Dans la rue la cuisine libanaise  de loin la plus populaire séduit avec ses versions « sur le pouce » du shawarma, du poulet, mouton ou poisson épicé et grillé, servi avec du pain pita, ou des falafels, ces appétissantes boulettes de pâte de pois chiche ou de légumes. On peut aussi grignoter des mezzés de minuscules tapas arabes composées d’entrées chaudes ou froides. Cependant l’ambition des autorités d’Abu Dhabi est maintenant de positionner l’émirat comme la destination gastronomique de la région mais aussi d’illustrer son projet de développement tourné vers la culture et les échanges multiculturels. C’est aussi le moyen de mettre en avant la cuisine régionale émirati ainsi que ses chefs de cuisine.

A voir : La Mosquée Sheikh Zayed

Même si son initiateur Sheikh Zayed Bin Sultan Al Nahyan, décédé en 2004 la voulait la plus grande du monde, la Mosquée Sheikh Zayed n’en est que la troisième, cependant, avec ses 20000 m2, elle constitue un véritable bijou, honorant l’ancien souverain des Emirats. Pour ce chef d’oeuvre des artisans et vinrent  du monde entier avec une débauche de matériaux ; marbres d’Italie, de Grèce, d’Inde… de l’or, des cristaux, des céramiques apportées tout droit d’Iznik, en Turquie. Folie des grandeurs :  plus d’un million de cristaux Swarovski étincelle sur les sept lustres du lieu de culte, la  mosquée accueille également le plus grand chandelier de la planète et le plus grand tapis de prière de plus d’un hectare tissé par 2000 petites mains.

 Incontournable : « L’Emirates Palace »

L’emblème de la puissance d’Abu Dhabi sur 100 ha dont 25 construits, ce colossal palais arabe érigé de 100 dômes majestueux  est installé le long d’une plage de plus d’un kilomètre de sable blanc. Un sable immaculé  entièrement importé par cargo. Les 85 hectares de splendides jardins (qui se visitent) font penser aux palmeraies. Si le site est impressionnant, que dire de l’entrée : l’atrium haut de 42 mètres est paré de débauches de marbres étincelants de bronze, de cristaux et d’or, l’on comprend mieux sa réputation d’hôtel le plus luxueux sur terre. Les chambres et suites de style arabe dont les couleurs évoquent celles du désert d’Arabie combinent les nuances claires avec des matières naturelles comme le bois foncé et le marbre. Pour goûter au meilleur de la gastronomie, 7 restaurants servent une cuisine internationale, mais aussi, méditerranéenne, italienne, asiatique, typiquement libanaise ou iranienne. L’opulence décorative dans les moindres détails, de la plus petite mosaïque incrustée d’or, aux salles de bains high tech en passant par les chandeliers en cristal… tout ici est fait pour émerveiller mais aussi offrir un service et un confort inégalable.
www.emiratespalace.com
info.emiratespalace@kempiski.com

Côté pratique

Y aller : Crée en 2003, Etihad Airways, la compagnie aérienne nationale des Émirats Arabes Unis,  basée à Abu Dhabi  connaît actuellement la plus forte croissance dans le monde. 3 classes : Économique (Coral), Affaires (Pearl) et Première (Diamond). Etihad Airways offre les meilleurs services et un confort optimal au sol comme en vol. Une gastronomie raffinée mêlant tradition et modernité de véritables lits en classes supérieures et des sièges spacieux et très confortable en éco… L’éclairage « Mood Lighting » qui simule les cycles du jour et de la nuit apprivoise  en douceur le décalage horaire (3h) 10 vols directs Paris – Abu Dhabi  et  7h de vol. Etihad assure également de nombreuses connexions vers les autres Emirats. La classe Diamond bénéficie d’un service de transfert privé à Paris. A noter, les nouveaux et très chics salons Premium de l’aéroport d’Abu Dhabi.

Renseignements Office de Tourisme, Paris. Tél. : +33 1 53 25 03 52
info@adta-frenchoffice.com

Ambassade des Émirats Arabes Unis, Paris. Tél : 01 44 34 02 00
ambassade.emirats@wanadoo.fr / www.amb-emirats.fr

Outre le passeport, un visa de tourisme d’un mois est délivré gratuitement à l’arrivée pour les ressortissants français.

Marie Josée Colombani