Confessions Gourmandes : Bernard DEBRÉ

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Confessions gourmandes de Bernard Debré

Bernard Debré est né à Toulouse, ville gastronomique, fils de Michel Debré (1er Ministre du Général de Gaulle) petit fils du célèbre pédiatre Robert Debré et frère jumeau de Jean Louis (ex Président du Conseil Constitutionnel). Un sacré parcours que celui de Bernard Debré : professeur des universités, chef de service à l’Hôpital Cochin, ex-Maire d’Amboise, Ministre de Coopération du gouvernement Balladur, député LR de Paris, pensionnaire des Grandes Gueules à RMC, auteur de best-sellers comme « Les 4000 médicaments, utiles, inutiles et dangereux » et plus récemment ses mémoires « Un homme d’action ». Ce chirurgien émérite continue d’exercer bénévolement à Shangai. Infatigable, omni présent dans les médias, cet élu est aussi réputé pour la précision de son scalpel que pour son coup de fourchette.

Paul Wermus : Votre 1er souvenir gourmand ?

Bernard Debré : Ma mère nous préparait le bœuf mode le dimanche à déjeuner et nous le resservait froid le même soir. Elle avait aussi une recette de gâteau au chocolat qu’elle a transmis à ses belles filles.

P.W. : Etes-vous plus gourmand que gourmet ?

B.D. : Je suis plus gourmet que gourmand. Je mange peu mais bien et quand il s’agit d’un repas sur le pouce j’évite le vin. 

P.W. : A propos  de vins quelles sont vos préférences ?

B.D. : Je suis plus Bordeaux que Bourgogne, le Bordeaux est un protecteur cardiaque, deux verres à chaque repas et pas d’apéritif en dehors d’une coupe de champagne.

P.W. : Que pensez-vous du restaurant de l’Assemblée Nationale ?

B.D. :  C’est un restaurant commode. On peut y inviter ses collègues, ses amis. On y  sert une cuisine bourgeoise, mais il me semble que le restaurant du Sénat est un peu plus sophistiqué.

P.W. : Avez-vous une adresse de prédilection ?

B.D. : « L’esplanade » des frères Costes et pas uniquement pour ses jolies serveuses. J’adore aussi le restaurant d’Alain Passard  « L’arpège » rue de Varennes.

P.W. : Un plat que votre épouse aime vous concocter ?

B.D. :  L’os à moelle avec du pain grillé ou bien encore les langoustines.

P.W. : Vous appréciez la cuisine asiatique ?

B.D. :  Je la connais bien puisque je me rends à Shanghaï tous les trois mois…  Je regrette la disparition du « Tong Yen » rue Jean Mermoz. Désormais je vais chez « Ly » rue Balzac pour son crabe mou et grillé.

P.W. : Quelles sont vos cantines de luxe ?

B.D. :  Je déjeune régulièrement à la « Closerie des Lilas » car c’est à proximité de l’Hôpital Cochin où j’ai longtemps exercé. Habituellement je commande la sole grillée et les asperges en saison.

P.W. : Vous êtes sur une île déserte, vous avez droit à trois plats ?

B.D. :  Le bar que j’aurais péché moi-même, un camembert et des mangues.

P.W. : Vous arrive-t-il de faire des régimes ?

B.D. : Je fais très attention à ce que je consomme et s’il m’arrive de prendre deux kilos, je me mets au jambon salade artichauts pendant quelques jours. J’ai l’avantage d’avoir le même poids depuis 30 ans !

P.W. : Que détestez-vous au restaurant ?

B.D. : Il m’est insupportable de rester deux heures à table. Mais j’ai pour habitude d’aller dans des établissements que je connais et où je suis toujours bien reçu.

P.W. : Est-ce que les politiques fidèles à la tradition ont toujours un bon coup de fourchette ?

B.D. : Encore une idée reçue, les parlementaires bedonnant c’était du temps de 3ème et de la 4ème République.

P.W. : Vous qui êtes Député du 17ème arrondissement, où allez-vous déjeuner dans votre circonscription ?

B.D. :  « Le crabe marteau » rue des Acacias et la « Brasserie Brigitte » 16 avenue de Villiers.

P.W. : Vous qui êtes médecin quels sont les plats que vous interdisez ?

B.D. : Absolument aucun… Quand j’étais enfant, et qu’on ne finissait pas notre assiette, notre mère nous la resservait le lendemain. J’ai appris à tout manger sans exception.

P.W. : Vous appréciez les plats exotiques ?

B.D. :  Comme les « bichiques », des alevins qu’on pêche à l’embouchure des rivières, à la Réunion, c’est un plat rare et absolument délicieux.

P.W. : Savez-vous cuisiner ?

B.D. : En dehors des nouilles au jambon et des œufs sur le plat, je suis bien incapable de cuisiner.

P.W. : Vos projets immédiats ?

B.D. :  Un livre sur Gensi Khan et un essai sur la philosophie de la nation.

P.W. : On peut dire que vous êtes visionnaire ?

B.D. :  Voici plusieurs mois que je roule pour François Fillon, un honnête homme toujours à l’écoute.

P.W. : Et si Fillon Président vous propose d’être Ministre ?

B.D. :  Le conseil que je lui donnerai est de s’entourer d’une équipe ramassée de 15 ministres de moins de 50 ans dont des membres de la société civile.

P.W. : Vous allez renoncer à la politique ?

B.D. : J’ai 72 ans. Je ne me présenterai pas aux prochaines législatives ? Place aux jeunes. Et pas question de retraite. 

P.W. : Vous êtes interdit de séjour en Corée du Nord ?

B.D. :  Depuis que j’ai soigné l’ex numéro 2 du régime (l’oncle de Kim Jong Un (condamné à mort par ce dernier), je suis persona non grata ! Il est plus prudent pour moi de ne pas retourner dans ce pays.

P.W. : Vous avez une devise ?

B.D. : « Les mots ont d’autant plus de sens qu’ils prêtent à contre sens»