Confessions Gourmandes : Pierre DOUGLAS

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Les confessions gourmandes de Pierre Douglas par Paul Wermus

Pierre Douglas, journaliste à Europe 1, RTL, France Inter, RMC, TF1 (au service politique), il anima notamment sur cette même chaîne les après-midi du samedi aux cotés de Denise Fabre et Garcimore. Sur les encouragements de Thierry Le Luron, il change radicalement de cap et se lance sur scène. Chansonnier, comédien, humoriste, il se produit chaque soir au Don Camillo. Célèbre pour ses imitations de Georges Marchais et de Léon Zitrone, cet artiste iconoclaste publie « Ils ont osé », 400 petites phrases et réparties parmi les plus drôles prononcées depuis 2002 par les hommes et les femmes politiques. Pierre Douglas, jamais en mal d’inspiration, aussi célèbre pour ses coups de gueule que son coup de fourchette, à 74 ans, il ne manque pas d’appétit au propre comme au figuré.

Paul Wermus : Quels sont vos premiers souvenirs gourmands ?

Pierre Douglas : Ma grande mère qui était choriste dans les chœurs de l’ORTF me préparait chaque jeudi des beignets lorrains et des nègres en chemise (mot politiquement incorrect, débaptisé pour s’appeler aujourd’hui boule meringue au chocolat).

P.W. : Faites-vous attention à votre ligne ?

P.D. : Je porte toujours le même smoking, celui que j’ai acheté en 1982 quand je me produisais à l’Alcazar. Je n’ai pas pris un gramme. Je pèse toujours 69 kilos.

P.W. : A table vous êtes un homme d’habitude ?

P.D. :Je suis fidèle à la Brasserie Lipp depuis 35 ans et je commande systématiquement le céleri rémoulade, la salade mâche et betterave, l’entrecôte et le parfait au café.

P.W. : Vous avez tout de même d’autres adresses de prédilection ?

P.D. : « L’Opportun », boulevard Edgar Quinet, j’y vais pour son chef « le gros Serge » et pour son andouillette, l’œuf en meurette et le gigantesque Paris Brest. J’apprécie le « Balzar », rue des Ecoles, pour son décor, la « Closerie des lilas », boulevard Montparnasse, pour son steak tartare, le « Dôme » pour ses fruits de mer et la « Rotonde » pour son accueil.

P.W. : Vous vous faites plus rare dans les restaurants étoilés ?

P.D. : Je suis allé chez Le Divellec pour l’anniversaire de mon fils. Il a malheureusement depuis fermé son établissement. J’aime les restaurants de palaces, du « Bristol » au « Plaza » en passant par le « George V », mais uniquement pour célébrer un événement. À cette liste j’ajouterai Pierre Gagnaire.  D’une façon générale, l’addition de ces maisons est exorbitante. Est-ce que ça vaut vraiment la peine de dépenser autant d’argent pour un déjeuner ?

P.W. : Vous êtes sur une île déserte, qu’emportez-vous ?

P.D. : Une pièce de bœuf, des pâtes et quelques fruits.

P.W. : Y a-t-il des aliments que vous détestez ?

P.D. : Depuis l’armée, je ne mange plus d’endives cuites et de salsifis. Je les ai en horreur.

P.W. : Au restaurant qu’est-ce que vous ne supportez pas ?

P.D. : Je n’aime surtout pas attendre, j’apprécie que l’on s’occupe de moi, qu’on me prenne en main, et je déteste tous ces gens qui parlent fort et évitons les portables à table, on ne s’en portera que mieux.

P.W. : Etes-vous capable de faire un détour pour un restaurant ?

P.D. : Maintenant que l’on se rend de Paris à Lyon en deux heures, je ne me lasse d’aller chez mon ami Borgot, le propriétaire de la « Tassée » et d’une brasserie « L’espace » place Beauvau.

P.W. : Quels sont vos vins préférés ?

P.D. : Bien que J’apprécie les Médoc, les Graves, les Saint-Estèphe, comme les Saint-Emilion, rien ne vaut un grand Bourgogne rouge.

P.W. : Pratiquez-vous la diète ?

P.D. : Très régulièrement il m’arrive de ne plus boire une goutte de vin pendant une semaine et de renoncer à la charcuterie, mon péché mignon. Mais je n’appelle pas ça une diète !

P.W. : Quels sont vos trois plats préférés ?

P.D. : En tête le pot-au-feu, suivi du chili con carne et à la troisième place le plateau de fruits de mer.

P.W. : Vous êtes encore très sportif ?

P.D. : Je continue à faire mes 100 km de vélo par semaine mais à cause d’une épaule abîmée, j’ai renoncé au tennis pour 6 mois.

P.W. : Cuisiniez-vous ?

P.D. : Dans ce domaine, je suis un sous doué ? En dehors des œufs sur le plat et des pâtes, à la maison c’est ma femme qui est aux fourneaux.

P.W. : Etes-vous plus sucré que salé ?

P.D. : Dès que je passe devant une boulangerie pâtisserie, j’ai pour obligation de m’arrêter pour m’offrir un Saint-Honoré, une religieuse ou une tarte aux fruits rouges.

P.W. : Au restaurant, êtes-vous un client difficile ?

P.D. : Je suis plutôt quelqu’un de convivial. Je demande juste que l’on m’accueille avec le sourire.

P.W. : Qu’avez-vous oublié de me dire ?

P.D. : J’ai oublié de vous citer quelques autres maisons que j’adore comme « Bofinger » à la Bastille ouvert tard le soir, « Chez Paul » rue de Charonne pour ses rognons ouvert 7 jours sur 7 et le « Petit Pontoise », rue de Pontoise dans le 5ème,  à la fois familial et bon enfant.

P.W. : Dans votre livre « Ils ont osé », vous vous moquez des politiques ?

P.D. : Je suis membre du jury du « Prix du Presse Club Humour et Politique » où chaque année nous récompensons le député ou le ministre qui a prononcé la phrase la plus drôle, d’Olivier Besancenot à Marine Le Pen en passant par Jean-Pierre Raffarin, leurs perles involontaires nous prouvent qu’en politique mieux vaut en rire !

P.W. : Donnez-moi quelques exemples.

P.D. : « En politique, on n’est jamais fini. Regardez-moi » (Alain Juppé), ou bien encore « la déclaration d’amour de François Hollande pour les français est une déclaration d’impôts » (Valérie Pécresse), Guérini dit « qu’il n’est ni de droite ni de gauche, alors il est forcément du milieu » (Patrick Mennucci).

P.W. : Quels sont vos autres projets ?

P.D. : Je me suis attelé à mes mémoires « 49 années de cotisation ». J’ai en projet quelques galas aux quatre coins de la France et j’ai une véritable passion pour la direction d’orchestre.

P.W. : Vous avez déjà prévu ce qui sera écrit sur votre tombe ?

P.D. : « Il était gentil » !

P.W. : Vous avez une devise ?

P.D. : « Ne pas monter bien haut peut-être mais tout seul » ! (Edmond Rostand).