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La fête du millésime à Bandol de retour sous le nom de fête des vins de Bandol

La Fête fut de retour sous les auspices de l’Association des Vins de Bandol le 7 & 8 décembre 2024. Après six ans de latence nous voilà de retour.

Ce n’est plus la « Fête du millésime » mais la « Fête des vins de Bandol ». Ce nouveau format associe tradition et modernité, nouveaux millésimes et longues gardes, vinothèque des millésimes antérieurs sur les trois couleurs. De plus, il s’ajoute la possibilité de vente sur place ainsi qu’un changement opératoire dans le cadre du jury des longues gardes. Journalistes, sommeliers et œnologues ne dégustent plus le millésime (normal, ce n’est plus la Fête du millésime) mais l’année N-1. Les 42 producteurs présents pour la dégustation-déambulation sur le port ne tablent plus sur le nouveau millésime mais apportent selon leur gré le précèdent ou quelques flacons antérieurs. Cela rend la dégustation plus lisible pour le consommateur. De plus celui-ci gagne aussi le privilège d’accéder à l’espace vinothèque moyennant 20€ – espace réservé auparavant aux seuls professionnels.
Pour le reste, la Fête a doublé en timing – 2 jours à la place d’une, en animations culturelles, gastronomiques et jeune publique. Si les déguisements ont disparu et l’esprit s’exprime peut- être un peu moins populaire, cela va de soi avec une démarche éducative. Les clients amateurs éclairés sont en demande d’information, formation et expérience plus que d’amusement et fête dominicale.

Nous vous partageons ici en images ce délicieux évènement, ainsi que les résultat du Jury des longues gardes où le Directeur Développement Vins & Champagnes, Bruno Scavo et moi-même fûmes présents aux côtés de grands noms du vin tels que Elizabeth Gabay MW et Ben Bernheim, journalistes, auteurs de livres et par ailleurs membres du Comité de Dégustation de Vins & Gastronomie, Franck Thomas Meilleur Sommelier d’Europe, Meilleur Sommelier de France et MOF, Karine Valentin Journaliste et Vigneronne, David Cobbold journaliste et auteur de livres, Bernard Fromager – Maître Sommelier de l’UDSF et dégustateur pour le magazine.

Nous reviendrons plus tard sur le portrait-robot du millésime en Rouge. Pour l’instant nous doublons ce compte rendu d’une manière un peu surprenante par une dégustation des Bandol Rosés issus de l’espace vinothèque. Pourquoi ce choix ? Si nous avons aussi dégusté tous les rouges et blancs de cet espace (chronique à venir), il nous semble beaucoup plus spectaculaire de vous présenter la surprenante évolution des rosés se rangeant de 2021 à 1998.

Il est important de profiter de l’occasion pour rappeler, si besoin encore, que le Bandol est pour 70% rosé. De surcroit, quand on parle Bandol ailleurs qu’en France, le Rosé fait plus souvent partie de l’imaginaire commun. En plus, quant à citer des Rosés connus du monde, beaucoup pensent et annoncent Bandol.

Le Bandol Rosé est un style en soi. Il est différentiable par rapport à d’autres vins rosés de Provence bien que des styles modernes existent et tendent pour certains à l’approcher d’un esprit Côtes de Provence. Ce n’est pas forcément le rosé apéritif ou de soif, mais si l’apéritif s’accompagne de bouchées recherchées, il sait se rendre utile. Il sait aussi emboiter le pas à la succession de mets qui peuvent suivre, qu’ils soient gastronomiques, provençaux, de cuisine contemporaine, fusion ou orientale. Il élimine aussi le stress du sommelier en fin de saison, si les stocks ne sont pas épuisés. Car le Bandol rosé se garde.

Il passe alors de son esprit iodé, typé, au fruit charnu de grenade et nectarine parsemé de reglisse, anis et aromates sudistes à un nez complexe de gelée d’orange sanguine, fraise compoté, fenouil confit et laurier avec une pointe poivrée, huileuse, et ponctué d’épices orientales. Quant au palais il gagne en allonge, en amers confits mais fond ses petits tanins croquants de la jeunesse dans une chair douce et délicieuse empreinte de bonne fraicheur aromatique, balsamique et minérale.

Pour finir avant de décrypter la dégustation, le Bandol Rosé reflète bien l’esprit des millésimes. Un peu à sa façon et différemment des rouges, mais en cohérence avec l’esprit de l’année. Il est à la fois style et page blanche, à remplir chaque année avec une expression fidèle à la climatologie sur chaque terroir. Et, oui, il sait aussi faire parler le terroir, le village, l’altitude, la proximité de la mer ou l’orientation de la face de plantation. Ne serions-nous pas proche de la définition d’un grand vin ? Intense, complexe, d’un équilibre délicieux et long, concentré avec une capacité de garde et une vraie définition stylistique ainsi que du cépage dominant le Mourvèdre ?

Les vins Millésime 2021.

Millésime de maturation plutôt tardive dû au débourrement retardé, ce qui a repoussé tout le cycle, mais a aussi rendu les épisodes de gel plus doux qu’en 2020, 2021 a également souffert d’une sécheresse extrême. Bien que l’été n’ait pas été trop chaud, il était particulièrement sec ce qui a conduit à des blocages de la maturité dans certaines parcelles. Des températures plus fraîches que les derniers millésimes ont empêché la vigne de souffrir de stress thermique et ont préservé de bonnes acidités. Les vins semblent plus frais, plus étirés, montrant également une structure phénolique sérieuse, mais moins charnus que les 2020.

Château Pibarnon 2021 13,5% vol.

Discret encore, mêlant la grenade juteuse et la fraise sur fond iodé. D’acidité pondérée, il préserve une fraicheur aromatique étirée par le grain de texture longiligne, avec une touche épicée de réglisse. Long, de demi-corps. 5- 8 ans de garde. 90

Vignobles Gueissard 2021 13% vol.

Séduisant, entre pêche et abricot, aux arômes doux, miellés, cirés sur un fond minéral. Acidité souple, grain textural et finale étirée par la structure phénolique. Il excelle davantage par l’intensité, que la longueur ou la concentration. 87/89

Domaine La Bastide Blanche 2021

Rosé saumon foncé. Jolie identité, entre minéral et résineux, encore pierreux, et réducteur avec une touche épicée. L’acidité reste souple, concentrée, le tonus est vibrant par le grain de tanin structuré et le juteux des fruits : fraise, grenade, parsemés d’épices sur la finale longue et dense avec un grande concentration. 5-7 ans. 91+

Château Val d’Arenc 2021 13,5% vol.

Rosé pale orangé. Le nez propose un univers délicat, entre pêche, anis, abricot et orange sanguine. Il se montre frais, malgré une acidité modérée, soyeux et de tanins légers, poudrés. Assez long, avec un bon fond de concentration. 89

Bastide de la Ciselette 2021 13,5% vol.

Un univers développé, entre prune, miel et grenade. Pierreux et minéral. Fraicheur souple, mais de fruit vivace, aux tanins pondérés, avec une nuance balsamique sur la finale. Sans exceller par la longueur, il reste séduisant. 88+

Millésime 2020.

Millésime extrêmement précoce qui lui a malheureusement causé des dégâts par les gelées printanières violents et perturbé le cycle végétatif, en particulier pour le Grenache Noir. Les épisodes de pluie de juin ont apporté la pression du mildiou et de l’oïdium, mais ce millésime sec et chaud a donné une très bonne qualité d´ensemble lors de sa récolte plutôt précoce. Les rosés semblent avoir moins de degré d’alcool qu’en 2019 (l’été a été chaud, mais pas excessif, bénéficiant de bonnes réserves d’eau), tout en restant plus charnus et plus généreux que les 2021, avec des acidités plus douces et un fruit plus mûr, préservant toujours une sensation de fraîcheur. Ils ont un corps et un cœur texturé, qui enveloppent en quelque sorte les tanins et apportent une certaine suavité. Les meilleurs se conserveront bien pendant quelques années malgré les acidités arrondies, car ils ont une bonne structure et profondeur d’arômes.

Domaine Marie Bérénice 2020 13% vol.

Petit développement avec la fraise en toile de fond, un univers confit et de fraicheur modérée, cependant structuré, finissant juteux, floral, ferme et épicé. Long, de bonne concentration. 90

Domaine de La Bégude « Irréductible » 2020 13% vol.

Réducteur cet « Irréductible », s’ouvrant sur la cerise, la griotte, la fraise, ponctuées de pot-pourri et d’épices. Son acidité est modérée, mais vibrante, son tanin soutenu. La finale reste ferme, épicée par la réglisse. Long, concentré, 8-10 ans. 92

Domaine Lafran-Veyrolles 2020 13,5% vol.

Pale, orangé. Pierreux, avec une trame fraîche, entre orange sanguine et kumquat, zesté. Frais malgré une acidité moyenne, de tanin grainé, apportant une petite mache, il reste soyeux et long, de concentration. 92+

Domaine La Font des Pères 2020 12% vol.

Délicat, pierreux, aux notes d’agrumes, de pomélo, de jasmin et de réglisse. Léger et frais, avec une vraie acidité et un tanin qui est fin, croquant et salivant, finale zestée. 88+

Domaines Ott – Château Romassan 2019 13,5% vol.

Séduisant par l’orange et la fleur d’oranger, entre grenade et réglisse, sur fond de pêche, de poivré fin et miel. Longiligne, racé, juteux, il rappelle la nèfle et son grainé lui donne du relief, il finit sapide, avec une nuance presque crayeuse et fumée. Long, savoureux. 6-8 ans. 92/93

Domaine de l’Olivette « Absolue » 2019 13% vol.

Confit de coing, mirabelle, réglisse, laurier et kumquat se livrent dans un univers charnu, juteux tenu par un réel tanin. Le fruit rappelle le cake de Noël, dans un esprit long, dense et concentré. 8-10 ans. 93+

Domaine de la Garenne 2019 14% vol.

Panettone, cake au fruit, pêche en compote, il propose un univers de gourmandises dans un esprit large, acidulé malgré une fraicheur fondue. Mentholé, étiré par les épices posées sur les petits tanins. Long, dense, au fruit confit en finale aux côtés de quelques notes levuriennes. 93.

Château Pradeaux 2019 14% vol.

Une couleur orange vieil or avec des nuances cuivrées. Un nez de figue, d’orange sanguine, de nèfle, de bergamote et d’épices orientales, se mêlent sur fond de toast pierreux type pierre à fusil. D’acidité modérée, il est tenu par les balsamiques, de garrigue. Son tanin soutenu mais élégant malgré une touche ferme reste intégré et amène une sensation de fraîcheur dans la chair texturale. Chaleureux, poivré. Il combine délicatesse de toucher et structure. Complet et harmonieux. 10-12 ans. 94/95

Château Canadel 2019 14% vol.

Un nez charmeur par son voile de fleurs séchées, où la peau d’orange confite se mêle au fruit doux et aux essences de laurier. Fraicheur aromatique par ses notes mentholées, camphrées, malgré une puissance solaire, des tanins qui croquent sous la texture ample, enrobée de miel, de fruits confits. Une certaine générosité par les parfums et la richesse, un vin à la fois long et de bonne concentration avec un joli relief par les amers. 91+ 4-6 ans.

Domaine Dupuy de Lôme « Les Grès » 2019 14% vol.

Sur l’expectative, un peu restreint, il s’ouvre sur la cerise, la framboise, avec un caractère confit ponctué par les herbes aromatiques. L’acidité reste rafraichissante, doublée par un caractère mentholé, la texture s’enrichit par ses 14% et apporte une enveloppe pour la mâche grainée, le tanin vient avec un relief sur les amers. Un vin persistant, de concentration pondérée. 3-4 ans. 89+

Millésime 2018.

Ce millésime est venu après une série d´années chaudes, et plutôt sèches, causant d´entrée un stress. La vigne a étanché sa soif grâce aux pluies généreuses à partir du printemps. Le cycle de croissance s’est rétabli, mais le temps humide combiné à la chaleur, a provoqué des conditions tropicales qui étaient malheureusement propices au développement du mildiou. L’été très humide ne pouvait pas être pire dans ce cas. Les vignerons auront toujours ce millésime à l’esprit, en raison de cette importante pression fongique qui a donné une récolte hétérogène, avec une grande quantité, mais un état sanitaire difficile. La récolte manuelle avec un tri méticuleux était la clé, et le Mourvèdre a plutôt bien résisté. Les raisins ont conservé des niveaux importants d’acidités offrant de la fraîcheur et des profils étirés et linéaires. Le millésime semble déjà évolué, le caractère herbacé est une caractéristique constante et les rosés semblent délicats, soyeux avec une finale légèrement ferme.

Domaine la Suffrene « 90 » 2018 13,5% vol.

De facture presque orientale, exotique par son nez qui mêle mangue, pêche nectarine et peau d’agrumes tropicaux, il se montre aussi pierreux, typé par des épices toastées. L’acidité est fondue, tenue par la vibrance mentholée. Le cœur de bouche est généreux, épicé, la structure phénolique apporte du sérieux, alors que la finale se teinte d’aromates, menthol, orange amère. Un vin long, avec une bonne concentration, garde de 8-10 ans. 92.

Millésime 2016.

Par rapport à 2017, 2016 a commencé avec encore plus de carence hydrique en raison d’un automne 2015 particulièrement sec. Le millésime a continué à être sec tout au long du cycle, mais la vigne a pu obtenir de bonnes réserves d’eau du sol et développer à la fois la végétation et la quantité. L’état sanitaire était excellent, avec une superbe concentration, un caractère méridional de ses arômes, pour un millésime assez précoce, avec une très bonne maturité phénolique et des acidités plutôt équilibrées. Les rosés conservent cette fraîcheur malgré un caractère riche et généreux, avec beaucoup d’épices. Les phénoliques sont présents et encadrent le palais, les vins sont charmants dans l’ensemble avec des nez séduisants et peu de développement du fruit, tout en préservant un bon potentiel de vieillissement.

Domaine des Trois Filles 2016 14% vol.

Solaire avec un fruit doux et frais à la fois, il évoque l’orange sanguine, le kumquat, les fleurs séchées et les épices. Un vin de fraicheur présente, avec un fruit charnu et généreux en cœur de bouche, racé par la vibrance herbale, la garrigue et les balsamiques, dans un esprit méridional. Jolie finesse, tannins élégants, longueur sur la finale. 7-8 ans. 92

Domaines Bunan – Château « La Rouvière » 2016 14% vol.

Délicatement poivré, aux arômes de girofle, juteux par la framboise et la nectarine. Il garde le même tempo en bouche, entre rondeur généreuse, velouté et juteux, malgré une fraicheur fondue. Structure croquante et épicée, long, profond avec une certaine densité et une finale poivrée. Encore jeune, garde plus de 8 ans. 93+

Millésime 2014.

Un millésime en montagne russe, avec des hauts et des bas, de bonnes réserves d’eau, un climat frais, mais subissant la menace de l’oïdium en raison d’une croissance végétative luxuriante. Heureusement que le mistral a contrebalancé la tendance, et que la maturité a été longue et homogène, offrant de bonnes conditions pour le Grenache Noir (moins touché par la coulure qu’en 2013) et le Mourvèdre. Le Cinsault avait une courbe plus hétérogène, tandis que la récolte a été interrompue par une tempête de grêle et des précipitations généreuses. Les rosés étaient fruités et élégants et conservent toujours ce style frais, avec une structure délicate et un corps plus léger que d’habitude. Ils ont évolué assez rapidement et la plupart d’entre eux doivent être bu maintenant.

Château Salette 2014 13,5% vol.

Robe saumon, orangée. Discret, entre floral et notes de pêche, cake aux fruits, nectarine, il se propose frais et épicé à la fois. Son acidité est pondérée, sa trame grainée est épicée, il se révèle souple. Le tanin donne un aspect zesté, avec du relief sur la finale modérée. Très bon. 91.
Bonus… millésimes anciens

Domaine Tour du Bon 2002

Un développement surprenant partant sur la truffe, les essences, un caractère « oily » comme les vieux Riesling, sur un fond pierreux mais aussi miel et fruit confit. D’acidité fondue, Il garde cependant de la fraîcheur, un caractère pulpeux par sa chair envellopante sur fond de miel, cire, camphre et fumé. Il tient sur les amers qui étirent la finale dans un univers soyeux, salin, de tertiaire éminemment « bandolesque ». Un vin étonnament savoureux pour le millésime. 93/94

Château Sainte Anne 1998/

Une couleur soutenue qui évoque les rosés d’antan. Lifté, riche et de patine évolutive vers la gelée de cerise, le confit d’agrumes, le potpourri, feuille de thé, caramel. Son acidité s’envole sur un tempo éthéré, la texture est douce et satinée, au grain fin et rafraichissant. Finale juteuse de cerise confite et épices, trame iodée. Long, encore concentré, belle surprise. 92/93

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