Château Durfort Vivens : une véritable transformation
Déjeuner de presse autour de la collection « les Parcelles 2020 de Durfort- Vivens » en présence de Mr. Gonzague Lurton, propriétaire du Château Durfort- Vivens, jeudi 28 Septembre par Julia Scavo DipWSET Le Château Durfort Vivens vit une véritable transformation grâce à l’esprit éclairé de M. Gonzague Lurton qui a décidé, depuis l’héritage en 1992, de […]
Déjeuner de presse autour de la collection « les Parcelles 2020 de Durfort- Vivens » en présence de Mr. Gonzague Lurton, propriétaire du Château Durfort- Vivens, jeudi 28 Septembre par Julia Scavo DipWSET

Le Château Durfort Vivens vit une véritable transformation grâce à l’esprit éclairé de M. Gonzague Lurton qui a décidé, depuis l’héritage en 1992, de tracer sa propre voie pour son 2ème Cru Classé à Margaux. Bien que déjà célèbre depuis Thomas Jefferson qui l’avait classée juste après la trilogie Lafite, Latour et Margaux, la renaissance de ce succès story pris sa dimension actuelle depuis 2009. Le voyage initiatique commença guidé par Alain Moueix qui exerçait déjà la biodynamie au Château Fontroque (Saint Emilion). C’est une dégustation de vins en biodynamie à ses côtés qui a scellé le chemin. Bien que tous les vins ne confirmassent son attente, Gonzague y avait cependant trouvé un dénominateur commun : un milieu de bouche au toucher particulier ainsi qu’une certaine idée de vibrance. Ce point de départ aboutit petit à petit à la double certification (bio et biodynamie en 2016).

Pour Gonzague, la biodynamie singularise les différents microclimats au stade de la micro-parcelle ou d’une poignée de rangées à une autre se joue une corde différente. Il a peut-être été le premier, à donner du prestige aux parcelles qui n’entrent pas dans le Grand Vin, les mettant en lumière simplement parce qu’elles sont uniques et donnent une expression singulière. Il a ainsi appris de l’épreuve rude du millésime 2018, où 90% de la production fut perdue. Faisant preuve d’une incroyable résilience, Gonzague a pris le pari d’élaborer une grande cuvée laboratoire avec les 10% des raisins qu’il a pu sauver. Cet essai s’est matérialisé par la suite, en une triade de sélections parcellaires qui sont toujours de véritables laboratoires pour chaque secteur : Le « Plateau » dans la partie nord à Soussans, le « Hameau » au sud, à Margaux et Cantenac, ou encore les vignes les plus jeunes des « Plantes ». En raison de la production minuscule, le millésime 2018 fut entièrement vinifié et élevé en amphores TAVA. Les parcelles permettent aujourd’hui à Gonzague de jouer avec des proportions adaptées d’amphores et de fûts de chêne. Il se base aussi sur les résultats de la viticulture de précision, doublés d’une observation attentive de la nature et du matériel végétal. Cela lui permet de comprendre au sein de chaque parcellaire les zones qui se ressemblent et celles qui se distinguent pour leur réserver un traitement sur mesure.






Revenant à son expérience de dégustation aux côtés d’Alain Moueix, Gonzague témoigne que l’essai de 2018 lui avait apporté ce cœur de bouche tant recherché : sans sur-extraction, sans dureté, avec un toucher particulier, ainsi que de la fraicheur aromatique. Les efforts avaient payé mais il ne fut pas simple de piger manuellement deux fois par jour un parc entier d’amphores, presque aussi impressionnant selon ses dires que les alignements de soldat du mausolée de Qin Shi Huangdi à Xi’an. Le prochain pas était de reproduire ce toucher, cette même vibrance en 2019. Le millésime avait un caractère plus approchable pour parfaire son expérience. Enfin le résultat fut amplifié avec 2020, millésime plus riche qui avait besoin de gagner en allonge et en fraicheur aromatique via ce cheminement nouveau.
Le menu du déjeuner de presse au restaurant Marsan d’Hélène Darroze faisait honneur à la collection des « Parcelles de Durfort-Vivens» dans une progression choisie par le sommelier de la maison. (Voir photo du menu)


Le Hameau de Durfort- Vivens 2020 AOP Margaux 72% Cabernet- Sauvignon, 20% Merlot, 8% Cabernet Franc, 85% en amphores, 15% en barriques neuves

Le nez propose un voile floral entre le bouquet mellifère et la violette, ponctué d’une fraicheur balsamique pour s’ouvrir sur le cassis, la cerise sur un fond minéral. Juteux, sa texture offre une densité caressante, où le savoureux devient tactile. L’acidité fraîche est mûre et salivante, les tanins sont ancrés mais élégants par leur granulosité poudrée et enveloppés de chair. Le fruit noir se teinte de nuances florales pour finir sur un salin surprenant, comme une finale longue et suspendue.
Le Plateau de Durfort- Vivens 2020 AOP Margaux 52% Cabernet- Sauvignon, 48% Merlot, 2/3 en amphores, 1/3 en barriques dont 10% neuves

Délicieux fruit gourmand et juteux, évoquant la cerise Burlat, la framboise, sur un fond balsamique poudré par le cacao. Il offre un palais ample, satiné, où la douceur du fruit en cœur de bouche accueille une acidité envolée, doublée d’une grande vibrance aromatique. Les tanins sont fermes mais de texture poudrée et enrobée, laissant une délicieuse générosité s’exprimer au palais. La finale longue, élégante entre le fruit juteux et les épices, tire vers des nuances minérales.
Les Plantes de Durfort- Vivens 2020 AOP Margaux 85% Cabernet – Sauvignon, 15% Merlot, 80% en amphores, 20% en barriques d’un vin.

Le nez se montre d’entrée avec une teinte juteuse de fruits rouges et de nuances herbales, une touche de fève de cacao crue. La bouche se dessine sur un volume longiligne, d’acidité cristalline et salivante où le tanin élégant propose un grain poudré. Le fruit est doux et frais à la fois, pour finir presque salin, aux nuances de cerise amère qui donnent du relief.
En parallèle, le Château Durfort-Vivens a innové aussi dans la création d’un vin blanc original. Un Blanc de Noirs à base de Cabernet Franc et quelques pieds de Muscadelle mis en collection. Le défi fut ici de réduire autant que possible les sulfites. L’exercice prenait beaucoup de sens car le fait de dépouiller son vin des polyphénols enlevait de son potentiel oxydatif. Pourtant la voie choisie ne fut pas celle d’une vinification ultra protective à température contrôlée mais le choix des amphores à nouveaux. Les courants de convection permettent de régulariser le gradient de température tout en produisant plus tard le vortex des lies, afin de maximiser le potentiel réducteur. Le challenge supplémentaire était de trouver une aromatique subtile sans végétal malgré une vendange plus précoce sur le Cabernet Franc, tout en lui ajoutant la subtilité de la muscadelle et l’apport pierreux des lies. Ces dernières jouent aussi sur la texture et le savoureux, sur une nouvelle construction texturale riche en umami pour finir salin et salivant. Les lies apportent aussi avec une dimension d’accroche structurale, qui s’exprime par de jolis amers sapides qui tendent d’avantage vers le fond de bouche.
Blanc de Noirs 2022 Vin de France 70% Cabernet- Franc, 30% Guespey (Muscadelle) 5 mois d’élevage sur lies en amphores TAVA

Le 2022 offre un nez délicat aux nuances de groseille et de poire sur un fond floral de chèvrefeuille, le tout ponctué de miel. Tendre et soyeux, son acidité se tonifie par les amers, pour apporter une veine brillante à la texture tendre et enveloppée. Salin, sa salivation finale apporte une notion d’appétence. Ce fut justement le but de cette cuvée : titiller l’appétit en compagnie de gressins aux anchois de Cantabrie, purée d’artichauts ou bien de tartelettes de betterave et burrata. Pour finir, Gonzague voulait apporter un vin anniversaire. Cependant les années en 3 ne naquirent pas toujours sous les meilleurs auspices, à l’expression du millésime 1983 qui incarne l’archétype d’élégance de Margaux, la fraicheur et la finesse de cette appellation.
Château Durfort- Vivens 1983 AOP Margaux

Sous un voile tertiaire noble, le fruit confit évoque la cerise et la framboise et montre encore son éclat et sa fraicheur. Nuances de café, cacao, sous-bois, lisière de forêt, se mêlent aux teintes de pot-pourri et de santal. La bouche délicate offre une acidité envolée tissée dans le toucher léger et soyeux, le tanin fin se fond dans le juteux en cœur de bouche. Le tertiaire apporte une dimension de complexité prolongeant la finale sur des tonalités de graphite et moka.
Gonzague fait partie de ces esprits brillants qui comprennent que ce n’est pas la vigne qui s’adapte aux rythmes lunaires mais c’est l’homme qui s’adapte au tempo de la vigne. Que monter vers les étoiles ou plonger plus profondément dans le sol, ne sont pas seulement des expressions tirées d’une certaine mystique. Pour lui et son directeur technique Léopold Valentin, embrasser cette voie est une approche holistique et régénératrice qui s’inscrit dans la durée.
Julia Scavo DipWSET
Informations
3 Rue du General de Gaulle, 33460 Margaux-Cantenac
0557883102


