Le Bouchage
Nous pensons, hélas, trop peu au dernier « acte œnologique ». Le bouchage reste si intimement lié à la qualité d’un vin, qu’il se fait souvent oublier. Comme le dosage ou la mousse dans un grand Champagne, comme le bois dans un grand Bordeaux. En 2025 Diam fête ses 20 ans de « nouvelle tradition », occasion de mettre […]
Nous pensons, hélas, trop peu au dernier « acte œnologique ».

Le bouchage reste si intimement lié à la qualité d’un vin, qu’il se fait souvent oublier. Comme le dosage ou la mousse dans un grand Champagne, comme le bois dans un grand Bordeaux.
En 2025 Diam fête ses 20 ans de « nouvelle tradition », occasion de mettre l’entreprise à l’honneur et lui rendre visite sur le site de finition à Cumières. C’est à partir d’ici que sortent les bouchons Mytik Diam qui scellent de nos jours une bouteille de Champagne sur trois. Cette « succès story » prend davantage d’ampleur aujourd’hui avec le retour du « bouchon de tirage » et la montée en gamme en matière de garantie en années optimales de conservation du vin à 20°C (les fameux chiffres qui donnent les modèles 3, 5, 10 etc). Retour en quelques lignes sur Diam : 16000 clients dans 85 pays et 3 usines avec 212M€ de chiffre d’affaires (exercice 2024/2025). Des statistiques dignes d’un champion, car si l’on ajoute la production de 2 milliards de bouchons ( 75% pour vins tranquilles, 18% vins effervescents et 7% spiritueux), on tombe sur le deuxième acteur mondial.

Provenance du liège : Portugal 50,6% (736.000 ha), Espagne 28,9% (574.000 ha) et Italie 8,6%, ensuite Maroc 6,1%, Algérie 2,7% et Tunisie 2,5%. Si la France ne représente aujourd’hui que 0,6% (65.000 ha) des sources, le bouchonnier s’oriente davantage à faire renaitre les forets eco-responsables de la Provence, du Languedoc- Roussillon et de la Corse. De surcroit, un des trois sites – Céret (le siège social historique, près de Perpignan) se trouve en France et fonctionne aujourd´hui aux côtés de San Vicente de Alcantera (Espagne) et de Fiaes (Portugal). En matière de tonnage, le liège provient aussi à 100.000 T du Portugal, 61.500 T de l’Espagne, 5200 T de la France. Cela n’est pas une mince affaire car il faut 200 ans pour compter 16 récoltes équivalentes de 60kg d’écorce.

Nous connaissons tous le credo de Diam : rendre ce dernier « acte œnologique » qui est le bouchage plus cohérent et constant, en lissant au maximum la variabilité de l’élasticité mécanique, les risques d’usure rapide, de fuite et ceux liés aux forces d’extraction inégales d’un bouchon à l’autre ou encore aux performances d’embouteillage non constantes.
Nous pensons souvent « élimination du TCA » (2,4,6 Trichloroanisole, la molécule responsable de 70% des goûts de bouchon) par le fameux processus breveté DIAMANT® (usage du CO2 supercritique « à pression différentiée »). Cependant les innovations Diam ont vu au-delà du TCA, en éliminant 150 autres molécules telles que lignines, tannins indésirables, TBA (2,4,6 Tribromoanisole) tout en rendant l’OTR (oxygen transmission rate) et l’OIR (oxygen ingress rate) plus contrôlables envers les phénomènes d’oxydo-réduction. Par exemple, en discutant avec Edouard Labruyère – à la tête des Domaines de la familles éponyme, dont le Domaine Jacques Prieur, il accentua à tel point le passage au Diam en 2015 qu’il a joué dans le schéma multi-factoriel des risques de « premox ».

Sans rentrer dans les coulisses du procédé utilisant le CO2 supercritique « à pression différentiée » – état intermédiaire entre les états liquide et gazeux – nous rappelons qu’il a été utilisé à l’origine dans les années 1950 par Maxwell House pour décaféiner le café. Diam l’a implémenté à l’horizon des années 2003 et continue sans cesse à améliorer la recette en termes de choix de perméabilité juste et sur mesure, OTR, pénétration du liquide dans le bouchon, propriétés mécaniques et matières biosourcées, sans parler des finitions de pointe et des marquages laser esthétiques, adaptés aux normes pour les qualités organoleptiques du vin.
Le but de cet écrit n’est pas de comparer et contraster avec la concurrence en matière de « TCA- free », « sniffing » ou autres techniques à base de CO2 supercritique. Il ne sera pas l’endroit des polémiques en matière de bilan carbone « négatif » ou nul, selon les réglementations des pays. Nous allons essayer de découvrir plus sur la division Mytik Diam et comment la Champagne, terre des traditions a adopté 90 millions de bouchons sortis du site de finition de Cumières.
Christophe Landat – Directeur de l’usine Mytik Diam à Cumières nous a proposé une visite sur mesure du site de 10.000 m² dont 2500 m² en production. C’est ici que se déroule le satinage sous atmosphère inerte, les tests (de qualité des traitements, de pression, d’extraction et de perméabilité) et les analyses (en accord avec les normes ISO 14001, FSSC 22000, FSC, contact alimentaire FDA, FCN 1770, les demandes d´agrément du CIVC, la certification Casher et les CCP en vigueur), ainsi que le marquage (au feu ou laser) de bouchons arrivés tout juste de Céret par « big-bags » de 30000 pièces. Il reste assez étonnant d’apprendre qu’un tel site est le terrain de jeu de 18 employés seulement qui travaillent dans un esprit industriel résolument tourné vers le haut de gamme, savoir-faire et synergie.

Il y a quelques années, lors des échanges avec des chefs de caves, portant sur le tirage liège, il semblait que Mytik Diam n’avait pas levé tous les freins. Si sa force résidait dans la constance d’une bouteille à l’autre, dans la garantie de l’absence de TCA, l’entreprise avait encore un bout de chemin à faire par rapport à l´extraction du bouchon de tirage au dégorgement manuel. Alain Schmitt, Directeur Commercial régional Est et Champagne pour Diam Bouchage soutient le bouchon de tirage et assure aujourd’hui d’une extraction confortable, ainsi que d’un échange gazeux qualitative pour un vieillissement sur latte sous liège version Mytik Tirage.
La grande adaptabilité de Mytik Tirage réside aussi dans la capacité de s’adapter à des bagues 26mm ou 29mm. Il préserve de l’oxydation les cuvées plus sensibles à l’oxygène telles que les demi-bouteilles, les rosés ou encore les champagnes peu interventionnistes. Il fournit une garantie supplémentaire aux acteurs de la profession qui préservent leurs vins de réserve en tirage en petite mousse.

Avant de conclure, quelques mots sur le marquage de pointe, celui au laser que peu pratiquent. Dans l’univers du luxe Champenois, le marquage de précision a sa place et seul le laser à 500 bouchons par heure, comparé à 10000 pièces par heure peut assurer ce luxe. Les résultats sont époustouflants en matière de fidélité et de résolution, allant jusqu’à des détails fasciaux ou des blasons extrêmement fidèles aux originaux.
Pour clore ce voyage au cœur de l’innovation, il serait important de rappeler que le bouchage est un outil et un acte profondément œnologique, en dehors de toute fonction pratique, esthétique et marketing. Il peut à la fois ruiner le travail du professionnel tout comme il est capable d’apporter le détail qui le magnifie. Il en est d’autant plus pour le champagne, vin d’une grande transparence qui ne supporte pas la médiocrité. Cela va, de surcroit, avec un usage en tant que bouchon de tirage. Bouchage de la technicité, de l’innovation et de la constance font partie de l’avenir lumineux du bouchage et du vin. Mytik, division de Diam en Champagne se propose ce credo.

