Dégustation Champagne Lenoble
« Le Travail des vins de Réserve & Terroir de Chouilly » Lundi 1 er décembre 2025 – Maison Albar & Vinarnia Vous avez certainement remarqué le changement de packaging : A.R. Lenoble devient Champagne Lenoble. La maison n’efface pas l’histoire, mais lui rend hommage. C’est par respect pour Armand Raphaël Grezer, le fondateur de Lenoble que ce […]
« Le Travail des vins de Réserve & Terroir de Chouilly »

Lundi 1 er décembre 2025 – Maison Albar & Vinarnia
Vous avez certainement remarqué le changement de packaging : A.R. Lenoble devient Champagne Lenoble. La maison n’efface pas l’histoire, mais lui rend hommage. C’est par respect pour Armand Raphaël Grezer, le fondateur de Lenoble que ce changement de branding s’opère. La maison reste fidèle à son idée de
Champagne comme le « vin noble », mais respecte sa mémoire car elle est aujourd’hui dans un autre giron familial.

Cela a entrainé aussi une série de changements à la mesure du détail, dont la synergie apporte un souffle progressiste. Armand Raphaël garde sa place estampillée sur un des foudres dans la gallérie des grands hommes et femmes qui ont œuvré pour ce vin noble. Le fine tuning s’opère depuis avril 2023 et surtout
depuis l’arrivée un an après du dynamique chef de caves Julien Lardy. Bourguignon d’origine et riche de 25 ans d’expériences dans des caves mythique de la Bourgogne ou des maisons prestigieuses en Champagne, il a pour cible une composition en transparence. Son parcours personnel semble remarquable, formé chez Ramonet, il est ensuite passé par Vacheron (Loire Sancerre), Guffens Heynins, La Vougeraie, puis Pernot Ricard avec Mumm & Perrier Jouët et enfin Nicolas Feuillatte.

L’outil de cave reste d’échelle humaine, en concordance avec la superficie de vigne de la maison auxquels s’ajoutent les approvisionnements, soit à peu près 45 hectares en tout, ceci lui permet une optique boutique mais de pointe. La surface en propriété est de 15,5 hectares sur 4 terroirs à matrice différente : Damery pour le Meunier de grande clarté, qui inspire la vibrance de l’orange sanguine, Bisseuil pour le Chardonnay de verticalité transparente, terroir ou même le Pinot Noir Chardonne.

Le coteaux sud Epernay avec ses pentes raides de Bernon pour des Chardonnay et Pinot Noir d’une empreinte fraiche mais plus tendre et le fleuron : Chouilly avec deux contextes : le terroir « extravagant » du Mont Aigu mais aussi d’autres versants plus tardif du cru avec un grand potentiel de finesse. L’ensemble du vignoble est certifié HVE3/ VDC, l’optique à la cave est d’intervention subtile, en clarté et cohérence.


Mis à part les cuvées terroirs et millésimées ou la profondeur va de pair avec la brillance du style, Julien joue avec les pièces d’un puzzle multiple afin de concevoir des multi-millésimés qui transcendent le non-millésimé. L’orgue des Réserves comporte la Réserve initiée en 2000, les vins en tirage de petite mousse en magnum
sous bouchon LA2R (liège aggloméré à deux rondelles) tout en gardant un œil sur les nouveaux bouchages. Cet orgue comprend deux Réserves perpétuelles, une des 3 cépages, l’autre identitaire d’un seul cépage, le Chardonnay Grand Cru Chouilly.
Un ballet entre cuves inox, magnums et foudres, la composante bois dosée dans un style bourguignon. Ce travail se reflète dans le choix millimétré des bois et sur les chauffes que julien demande aux tonneliers comme Taranssaud, Francois Frères, Chassin, plus quelques essais sur les Tonnellerie de Champagne et Berthomieux.
L’élevage en bois accompagne le vin, il est un des leviers de droiture, de fraicheur aromatique, couplé avec les bénéfices des réserves et des séjours prolongées sur 2 lies qui suggèrent une matrice texturale, proche de l’umami, sans pousser sur les nuances plus lourdes ou la caractère amérisant à long termes des réactions de
Maillard.
Dégustation






Extra Brut V2021 : Base 2021 48%, 52% VR, dont 35% RP démarée en 2000 en trois cépages et 9% Réserve en Petite mousse sous LA2R, 55% Meunier, 15% Pinot Noir, 30% Chardonnay, dosage 3g/l
Nez intense entre pêche et orange avec une douceur du pollen de fleur d’oranger, discrète touche de citron, huilé, nuance d’orange confite. Bouche texturale, bulle fondue et coquillé, net de fraîcheur presque chablisienne, le Pinot apporte amplitude dans un style tapissant alors que la finale vire sur une tension pierreuse, saline aux amers de pomelo confit. Finesse, craquant de l’amande et du zeste. 90/91
L’idée est de tirer profit sur la profondeur de la réserve qui compense le dosage minimaliste sur une année de base de concentration et tension. La fermentation malo- lactique est partielle mais les cuvées multi-millésimes n’ont pas de recette fixe, ni en ce qui concerne ce phénomène ni la part des bois. Le travail se fait ici sur le
croquant, les amers subtils, les leviers de vibrance aromatique tout en gardant un œil sur le toucher.
Blanc de Blancs V2020 : Base 2020 45% et 55% VR Chouilly 100% et 6% de réserve Grand Cru Blanc de Blancs en petite mousse (la maison possède des magnums de cette réserve pour la remise en cercle) Avec liqueur millésimée. Le nez oscille entre brioche et pointe crémeuse, fin pralin et note de miel, un floral mellifère sur fond de toast. La panification et la pâtisserie laissent place à la douceur de pêche. La bouche bascule sur une trame fraiche et vive, ou la bulle tonique, crémeuse booste un cœur ample et charnu. La finale est fuselée, teintée d’amers poudrés, grain de cédrat, de mandarine, donne un style net, long salivant et centré. 92/93
Blanc de Blancs 2012 (Magnum) : Comparé avec la version bouteille dégorgée en novembre 2024 (dégustée par Julia), ce vin qui a traversé 60 mois sur lies se propose frais, sur des tonalités restreintes d’agrumes et d’une autolyse fine. Un léger fumé, encore réducteur se mêle au fond juteux, presque juvénile de pêche. Quant à la bouteille dégustée par Julia une semaine plus tard, cette dernière montre un style plus évolutif, sur un développement fin qui évoque cacao, nuancée beurrée, avec une pointe de caramel d’ananas, poudré, rococo. Revenant sur le Magnum, le palais est ample, net et dense, mur sans perdre de vue la vivacité. La bouteille offre en revanche une grande souplesse de texture pourtant vibrante de notes de craie humide, avec texture umami, une pointe de caramel qui évoque les réactions de Maillard. En magnum la ligne est droite et saline, épicée comme des nuances de gingembre et poivre blanc. La pêche blanche revient en finale. Un vin parti pour quelques 10/12 ans et plus. 93/94.
Blanc de Blancs « les Aventures » « Edition 6 » : qui se propose au croisement d’une grande cuvée et d’un multi- vintage. Il assemble ici les millésime 2008 10%, 3 2009 25% et 2012 65% dans un tirage 2013. Un vin intense entre patine et fraicheur, encadré par les agrumes. Le palais surprend par l’envolée nette et vivace ou les épices et les écorces d’agrumes apportent relief et profondeur, exhalés par la bulle saline et caressante. Charnu, plein et sophistiqué, il reste fin et frais à la fois. Une trame grainée, structurante se pose avec des jolis amers qui apportent à la fois un complément de densité et vient souligner la longueur en l’étirant. 93/94
Gentilhomme Grand cru Chouilly 1990: dégorgé en 2012 – issu du Mont Aigu.
Nous rentrons dans un univers d’antiquaire, doré et profond avec ses tonalités chaleureuses de café, chocolat et pralin ourlées de fin toast et caramel de fruit acidulé. Un univers épicé, qui suggère presque l’umami du palais. Ample et frais en concentration, son acidité juteuse va de pair avec la concentration, la texture umami
et le savoureux. Pêche et agrumes apportent une veine de jeunesse dans l’esprit de ce grand millésime. Long et Ferme à la fois. 90+
Dégusté à une semaine d’écart au domaine par Julia Scavo avec laquelle je compare mes notes, son homologue plus jeune, le 2012 se montrait a contrario très réducteur, entre toast praliné et une petite teinte d’abricot, douceur de liqueur. Sa bouche droite, mais dense, se livre serrée par la trame et vive aux accents d’abricot acidulé, pour se prolonger en toute densité, sapide et juvénile.


