Sous les étoiles de Bonnieux, trois chefs pour un dîner d’exception

À Capelongue, Christophe Bacquié, Julien Allano et Noël Bérard ont réuni leurs univers, le temps d’un dîner à six mains célébrant le Luberon, le produit et une cuisine d’auteur profondément ancrée dans son territoire.

Sous les étoiles de Bonnieux, trois chefs pour un dîner d’exception

Le 15 septembre 2026, Bonnieux avait rendez-vous avec ses étoiles. À Capelongue, maison emblématique du groupe Beaumier posée au cœur du Luberon, trois chefs étoilés du village se sont retrouvés pour la première édition de « Sous les étoiles de Bonnieux » : Christophe Bacquié, du Mas Les Eydins, Julien Allano, de JU – Maison de Cuisine et Noël Bérard, chef de La Bastide.

Plus qu’un simple dîner à six mains, la soirée a fait dialoguer trois personnalités et trois sensibilités autour d’un même fil conducteur : le goût du Sud, la saison et la précision du produit

Dès l’amuse-bouche, intitulé avec poésie « Face au coucher du soleil », le ton était donné. Christophe Bacquié choisissait la pureté avec une crevette rose du Grau-du-Roi dans sa plus simple expression, puis jouait davantage sur les textures avec une tuile de riz de Camargue, mascarpone fumée et seiche snackée. Deux bouchées qui convoquaient immédiatement la Méditerranée, entre iode, fumé et délicatesse.

Julien Allano répondait avec un jambon-beurre à l’estragon et au citron vert, clin d’œil gourmand à un grand classique français, avant d’imaginer « comme une quiche » aux herbes et poutargue, rencontre entre végétal et salinité. Noël Bérard complétait ce prélude avec un cigarillo croustillant à la tapenade d’olive noire de Nyons et figues séchées, puis une très estivale eau de tomate comme une salade.

Le menu en six temps pouvait alors commencer. Julien Allano ouvrait le bal autour de l’aubergine et de la braise, associées à un velours caprin, des herbes fraîches, un caramel de grenade et une brioche filante au zaatar. Une assiette généreuse dans ses parfums, où le fumé de l’aubergine rencontrait l’acidité du fruit et les notes orientales du zaatar.

Noël Bérard poursuivait avec un céleri croquant à la truffe noire de Méthamis et sauce blanquette végétale. Une composition qui faisait du végétal un véritable plat gastronomique, construite sur le contraste entre croquant, onctuosité et profondeur aromatique de la truffe.

Christophe Bacquié signait ensuite le rouget en filet juste raidi, textures de fenouil et jus d’arête au vin rouge lié au foie gras. Une assiette particulièrement ambitieuse dans son architecture : l’iode et la finesse du rouget, la fraîcheur anisée du fenouil et la puissance du jus composant un jeu de tensions très maîtrisé.

Retour à Julien Allano avec « Les plumes et les graines », une pintade en croûte d’épeautre accompagnée d’une feuille de figue et de réglisse. Une cuisine terrienne, enveloppante, jouant sur le grain, le végétal et les parfums.

Pour préparer la transition vers le dessert, Christophe Bacquié proposait une faisselle de chèvre de l’ami François, sorbet fenouil sauvage et huile de fenouil. Une respiration fraîche et lactée, où le fenouil apportait son caractère anisé sans masquer la personnalité du fromage.

Enfin, Noël Bérard choisissait l’un des marqueurs les plus puissants du terroir provençal pour conclure : l’olive noire de Nyons, travaillée en glace, avec chocolat en texture et olives confites. Une finale audacieuse, à la frontière du salé et du sucré, qui faisait de l’olive non plus un accompagnement, mais le véritable fil conducteur du dessert.

Les accords de vins prolongeaient cette traversée gastronomique, de la Provence à la Bourgogne, de la Loire au Roussillon, avec notamment un Gresigny 2023 du Domaine Ninot, un Bandol 2025 du Domaine de Terrebrune, un Saumur-Champigny 2021 des Roches Neuves, un Chassagne-Montrachet 1er Cru Champs-Gains 2022 de Sylvain Morey, un Luberon 2025 Château Fontvert et, pour conclure, un remarquable Maury Mas Amiel 1980.

Cette première édition de « Sous les étoiles de Bonnieux » pose ainsi les bases d’un rendez-vous où la gastronomie devient aussi une manière de raconter Bonnieux et son territoire. Une nouvelle rencontre est déjà annoncée pour le printemps 2027.

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