Roumanie : la Force des Cépages Autochtones
La Roumanie possède une longue et ancienne culture viticole, façonnée par les Romains, perpétuée par les monastères et ensuite influencée par l’affinité culturelle avec la France. Aujourd’hui, l’industrie viti- vinicole roumaine se concentre sur la montée en gamme et l’alignement aux standards européens. Cet article explore l’histoire viticole de la Roumanie pour mieux comprendre sa […]
La Roumanie possède une longue et ancienne culture viticole, façonnée par les Romains, perpétuée par les monastères et ensuite influencée par l’affinité culturelle avec la France.

Aujourd’hui, l’industrie viti- vinicole roumaine se concentre sur la montée en gamme et l’alignement aux standards européens. Cet article explore l’histoire viticole de la Roumanie pour mieux comprendre sa place actuelle, ses régions, ses cépages dans la perspective d’un avenir le plus lumineux.
Une brève histoire de la viticulture roumaine
La production de vin dans la région correspondant à l’actuelle Roumanie remonte à l’Antiquité, lorsque les Grecs ont introduit la vigne Nia la mer Noire entre 600 et 500 av. J.-C. Ces vignobles étaient situés dans l’actuelle Dobrogea et ont été exploitées par les Romains pendant leur occupation de la Dacie (nom du territoire roumain à l’époque de l’antiquité peuplé par les Daces).
Les monastères ont contribué au développement de la vigne et du vin dans la Valea Călugărească (N/A dans le Dealu Mare), la région de Drăgășani ou en Transylvanie. L’isolement du pays au croisement de l’Orient et de l’Occident, les innombrables invasions et passages de guerre ont occulté considérablement des chapitres de l’histoire viticole roumaine. Certains se sont perdus, d’autres sont resté au stade de légende.
Comme dans la majorité de l’Europe et du Monde, le phylloxéra s’est installé en 1884 ravageant les vignobles du pays. Les ampélographes français tel que Pierre Viala et Victor Vermorel ont aidé la Roumanie à surmonter cette crise en introduisant des porte-greffes et en étudiant les vérités indigènes. Au début du XXᵉ siècle, des réglementations viticoles furent mises en place, les premières appellations d’origine sont aussi créées, suivies par les premières cartes viticoles.
Sous le régime communiste (1944-1989), la production de vin est devenue fortement industrialisée pour maximiser la productivité. De nombreux cépages autochtones ont perdu terrain, tandis que de nouvelles variétés ont été créées par croisements ou sélections, afin d’obtenir une production plus régulière et des rendements plus élevés.
Après 1990, la nation s’adapta au système d’économie du marché et au nouveau cadre légal. La privatisation, les nouvelles lois, les investissements étrangers et les fonds de l’UE ont contribué à reconstruire le patrimoine viticole du pays.
Le vin en Roumanie aujourd’hui
Aujourd’hui, la Roumanie se classe 4ᵉ en Europe et 8ᵉ dans le monde par la superficie totale de vignobles plantés, alors que le volume de production pour la récolte 2024 se classe 6ᵉ en Europe et 12e mondial (OIV, 2024). Cependant, sur les 187 000 ha plantés (OIV, 2024), seulement la moitié environ est utilisée à des fins commerciales.
L’industrie repose largement sur la consommation domestique, seuls 5 à 6 % du vin roumain est exporté. Ces dernières années ont vu néanmoins une augmentation du volume et de la valeur des exportations, principalement vers l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
Malgré une certaine réticence à investir dans des initiatives communes, en raison des perceptions négatives liées à la collectivisation et la coopération sous le régime communiste, certains producteurs roumains réunissent leur force à travers deux principales associations pour promouvoir collectivement leurs vins sur les marchés internationaux.
Bien qu’il existe quelques centaines de viticulteurs et producteurs de vin en Roumanie, la majeure partie de la production est concentrée par quelques grands acteurs, tels que Cramele Recaș, Jidvei, Casa de Vinuri Cotnari, Domeniile Alexandrion Rhein DAR 1892, Beciul Domnesc, Crama Ceptura, Crama Tohani.
Le terroir
Les régions viticoles roumaines se situent entre les latitudes 44° et 48° Nord, dans un climat continental modéré avec des étés chauds (température moyenne en juillet : 23,5°C) et des hivers relativement rigoureux, qui s’adoucissent comme partout au fil des années.
La Mer Noire apporte un effet modérateur alors que les Carpates (33 % du territoire) bloquent les masses d’air nordiques et sibériennes venant du Nord/Nord-Est. Avec une pluviométrie annuelle relativement faible (540 mm), des sécheresses peuvent survenir de plus en plus fréquemment en été.
La Roumanie compte trois zones distinctes : le plateau intra- Carpates, les contreforts des Carpates et la zone pontique-danubienne. Celles-ci sont divisées en 8 régions viticoles, 34 AOP enregistrées et 12 IGP.
Vision pour l’avenir : revisiter les cépages autochtones
La Roumanie cultive aujourd’hui un large éventail de variétés internationales et autochtones.
Ce qui manque peut- être à la Roumanie c’est de trouver une variété emblématique, une marque nationale ou un vin, une région, voire un producteur iconique afin de se positionner sur le marché international avec une image percutante. Certaines estiment toutefois que les variétés locales comme Fetească Regală (cépage blanc qui est aussi le plus planté du pays) et surtout la Fetească Neagră (cépage rouge presque emblématique aujourd’hui) auraient un fort potentiel. Chaque région commence également à compiler son propre catalogue de cépages locaux, basé sur l’assortiment traditionnel de chaque zone, dont la plupart perdues après le phylloxéra, voir pendant le communisme.
De nombreux lecteurs connaissent peu la Roumanie, non seulement comme producteur de vin, mais aussi comme pays. Cependant, son histoire, ses nombreuses variétés autochtones et la diversité de ses régions lui confèrent un véritable caractère et une identité forte.
Cet article a été rédigé par Julia Scavo DipWSET se basant sur les recherches pour la série de Wine Secrets of Romania co- écrite avec Bruno Scavo et Elizabeth Gabay MW. Les cartes et diagrammes sont réalisés par Iulian Barbuceanu, l’auteur de l’Atlas des vins roumains / Atlasul Vinului Românesc.
Les cépages rouges roumains : diversité et identité
La viticulture en Roumanie est un secteur riche en traditions, innovations mais aussi en défis, notamment quant à la reconnaissance internationale. Ces dernières années, malgré une production plutôt stable, le pays cherche à concilier rendements viables, qualité et valorisation de ses cépages autochtones. Si le pays est majoritairement planté de blancs (65% avec deux cépages autochtones en tête : Fetească Regală et Fetească Alba se partageant chaque 12.000 ha environ), le vin rouge semble offrir un vrai potentiel qui a besoin d’être re- valorisé.
La Roumanie est certes l’un des plus anciens pays viticoles d’Europe. Avec près de 187 000 hectares de vignes, elle possède un patrimoine ampélographique considérable. Encore relativement dominé par les cépages internationaux en matière de rouges, la Roumanie redécouvre aujourd’hui la valeur de ses variétés indigènes. Ces dernières décennies, quelques cépages rouges se démarquent, parfois de manière plus confidentielle. Cependant, l’un d’entre eux s’impose nettement comme cépage identitaire et ambassadeur potentiel : la Fetească Neagră.
Outre cette dernière, la Roumanie cultive encore la Băbească Neagră, cépage ancien assez présent dans la région roumaine des Collines de Moldavie avec quelque plantations dans la Dobrogea. Donnant des vins relativement légers, fruités, entre floralité et vibrance avec une pointe épicée et tanins croquants, il est souvent comparé stylistiquement au Gamay. Les voisins de la République Moldave en ont fait leur cépage port- étendard sous son synonyme Rara Neagră. Les origines de ce cépage roumain sont encore obscures et aucune filiation n’est connue à ce jour. Des traces écrites remontent au 14ème siècle avec de nombreuses légendes autour de son nom : « baba » en roumain signifie « vieille femme ». Que ce vin ait été servi par une vieille dame pour accueillir Stéphane le Grand dans un village ou qu’il provienne d’un temps ancien, son origine se perd en effet dans une époque révolue. Cela concorde également avec ses nombreux synonymes (Rara Neagră, Crăcana, Crăcănata, Răşchirată, Poama rară Neagră tous en relation avec sa grappe lâche), et des mutations telles que Băbeasca Albă et Băbeasca Gri. Selon l’ampélographe génétique José Vuillamoz, lorsque l’on trouve les mutations dans la même région, il est probable qu’il s’agisse d’un vieux raisin, donc peut-être que son nom indique simplement une variété ancêtre.
Le Novac, croisement entre le Negru Vârtos et le Saperavi, est plus récent (homologué en 1987 par la station de Recherche et Développement Vigne et Vin Drăgăşani) et propose des vins élégants, floraux, comme un Pinot Noir, mais à la pointe de fermeté Piémontaise. Le Negru de Drăgășani, issu du même croisement séduit par ses arômes intenses de cassis, mûre et épices, et son profil velouté, un peu comme une Syrah du Rhône Nord rafraichi par le balsamique d’une Barbera Piémontaise. Il fut homologué en 1993 par les équipes du même organisme que son « sibling » Novac, créant quelque peu polémique quant à ses racines, car totalement diffèrent de son frère génétique. Tous les deux s’expriment notamment à Drăgăşani avec quelques inflexions vers le Dealu Mare ou le Banat. Cependant, aucun de ces cépages n’a encore atteint le niveau de reconnaissance de la Fetească Neagră, aujourd’hui considérée comme la variété rouge emblématique du pays.
Fetească Neagră semble provenir de la région de Iaşi-Huşi ou il rentrait semblerait- il à 60% dans l’assemblage historique « Uricani ». G. N. Nicoleanu qui a collaboré avec P. Viala et V. Vermorel, sur les descriptions des cépages roumains, situe ses origines dans cette région de la Haute-Moldavie, sur la rive occidentale de la rivière Prut. Certains auteurs considèrent que Fetească Neagră est une sélection domestiquée de V. vinifera sylvestris. Cela pourrait expliquer la richesse de la variation clonale et le grand nombre de synonymes, mais cette hypothèse n’est ni prouvée ni infirmée. Une chose est sûre, aucun lien génétique n’a été trouvé entre Fetească Neagră et Fetească Albă malgré une origine régionale proche et une étymologie supposée similaire.
La Fetească Neagră est un cépage à maturité moyenne à tardive. Sa vigueur est assez forte, ce qui impose une gestion rigoureuse des rendements pour des cuvées de qualité. Le problème d’infertilité basale l’oblige cependant à une taille longue. Bien adapté dans le temps au froid hivernal, la Fetească Neagră se montre toutefois sensible à l’oïdium et soufre davantage dans le schéma du réchauffement climatique. Elle peut souvent avoir un découplage de ses maturités technologiques et phénoliques avec des pepins qui peinent souvent à se lignifier.
Fetească Neagră s’est forgé une solide réputation dans le Dealu Mare, en tant que cépage de premier plan, que ce soit pour les monocépages ou pour l’assemblage. Avec les bouleversements rapides du changement climatique, il a tendance à avoir des problèmes croissants avec un pH élevé, une diminution de l’acidité (fameux schéma « 4×4 » – pH à 4 et acidité totale 4g/l ce qui la rend vulnérable aux aléas microbiens et aux déséquilibres) et un décalage important entre l’accumulation de sucre et la maturité phénolique. Par conséquent, sa nature plastique doit être prise en compte, car elle devient aujourd’hui un vrai atout. La Fetească Neagră offre une variété de styles allant des versions fruitées et non boisées aux versions vieillies en fût de chêne, plus sérieuses, voire aux assemblages avec des cépages bordelais principalement, où elle apporte une touche personnelle. Il s’est également étendu à d’autres climats chauds comme Dobrogea et Oltenia, où il fait face aux mêmes menaces climatiques. Les producteurs doivent jongler et se battre pour préserver sa finesse.
A l’autre pôle, la Fetească Neagră a trouvé une terre d’adoption en Transylvanie (à l’exception de la DOC Alba qui est toujours la seule AOP roumaine exclusivement pour les vins blancs). Crişana et Maramureş disposaient déjà d’une réglementation pour les raisins rouges, y compris le Fetească Neagră, tandis que la plupart des AOP du plateau de Transylvanie n’avaient un cadre légal pour les vins blancs qu’avant 2014. Comparé aux exemples du sud de la Roumanie, de Dobrogea ou même de sa zone d’origine, la Moldavie roumaine, le Fetească Neagră de Transylvanie montre plus de dynamisme et tension, avec un voile floral, poivré, herbal fin, tandis que dans d’autres régions, elle a tendance à être plus confite avec une touche épicée de réglisse. L’acidité est plus fraîche et le corps est plus fuselé, bien qu’il puisse facilement atteindre 14 % d’alcool dans le schéma du changement climatique mondial.
Les styles de vinification varient selon les producteurs et traduisent deux grandes tendances. Le style traditionnel privilégie l’expression de maturité poussé et style légèrement patiné, où dominent les arômes de prune séchée et de fruits confits. À l’opposé, le style contemporain met en avant un travail parcellaire, des macérations plus courtes, des extractions maîtrisées par des températures plus fraîches et processus extractifs plus doux, et un élevage dosé, souvent en barriques françaises ou roumaines. On trouve aussi la Fetească Neagră en assemblage, souvent mariée au Merlot ou au Cabernet Sauvignon, ce qui permet d’arrondir sa fermeté tannique et de faciliter son intégration dans un langage stylistique plus universel.
Comparée aux cépages internationaux, la Fetească Neagră se situe à mi-chemin entre plusieurs références stylistiques. Elle partage avec la Syrah un registre épicé et parfois fumé, mais sans la même densité tannique. Sa polyvalence et sa plasticité rappellent parfois le Malbec notamment dans sa relation à l’élevage en bois ou sa dualité entre structure ou pulpeux. Enfin, son acidité juteuse et sa texture soyeuse peuvent pinotter parfois, bien que son fruité reste plus sombre, plus mûr et la structure plus marquée.
Aujourd’hui, la Fetească Neagră tente clairement se positionner comme le cépage rouge de référence de la Roumanie. Sur le marché intérieur, certaines cuvées haut de gamme dépassent désormais 20 € départ cave. À l’export, la reconnaissance reste limitée, freinée par la difficulté de prononciation du nom et une notoriété encore faible. Son nom est souvent traduit « Black maiden » – raisins de la jeune fille (« fata » en roumain). Il parait toutefois que ce n’est pas une étymologie exacte car son nom viendrait plutôt du village Feteşti (dans la Haute- Moldavie roumaine), où se perdent ses origines, tout comme celle de la Fetească Alba.
Dans un contexte de mondialisation des styles, la Fetească Neagră propose une proposition distinctive du vignoble roumain. Son équilibre entre puissance, fraîcheur aromatique et pointe de complexité en fait un cépage capable de séduire un public international tout en préservant une identité locale forte. Aux côtés des autres variétés indigènes, elle offre une voie originale pour ancrer la Roumanie dans le paysage viticole européen d’aujourd’hui et de demain.
Le potentiel qualitatif de la Fetească Neagră commence à être est reconnu, notamment en République Moldave ou elle passe la frontière pour se fondre dans des assemblages ou se proposer en mono- cépage. Toutefois, plusieurs défis limitent son développement vers les marchés d’exportation. Les surfaces restent encore réduites avec moins de 4000 hectares, ce qui freine l’effet de levier économique et la reconnaissance à grande échelle. Malgré son prestige en Roumanie et outre rivière Prut, Fetească Neagră reste encore peu connue à l’international, en grande partie à cause d’un positionnement souvent top centré sur le marché domestique. Les acteurs de la profession doivent encore trouver terrain d’entent quant à la promotion de manière plus unifiée du cépage, des cépages indigènes en général, une opportunité réelle pour la Roumanie d’imposer sa singularité.

La Roumanie dispose d’un patrimoine de cépages rouges autochtones riche, dont la Fetească Neagră semble devenir le fleuron. Le défi sera de transformer ce potentiel en reconnaissance qualitative et économique. Cela passe par l’augmentation de surfaces, plantées avec un regard agronomique tourné vers « demain », un renforcement des techniques de vinification pour un style contemporain, la clarté dans les appellations, et la promotion collective sur les marchés étrangers.
Dégustation 01/10/2025
- Domeniile Averești

Situé dans la région historique de Huși dans les Collines de la Moldavie, Domeniile Averești combine un patrimoine viticole qui semble remonter à l’ancienne culture Cucuteni (5800 – 2750 av. J.-C.) avec une collaboration franco- roumaine datant des années 1874. 150 ans après la précision moderne est venue se greffer sur ses 650 hectares de vignobles. Ce projet initié en 2010 met en valeur les cépages autochtones ainsi que ce terroir du nord de la Roumanie.
Domeniile Avereşti « Diamond Selection » 2022 DOC- CMD Huşi – Fetească Neagră – Région des Collines de la Moldavie 14,5% vol. Robe rubis foncé. Nez de voile fumé, il révèle par la suite la cerise noire, prune, note toastée- épicée. Cannelle, muscade, tonka soupoudrent le fond. Palais frais, suave, satiné, de cœur de bouche charnu et tapissant. Les tanins souples, épicés, se fondent dans un univers généreux, sur des tonalités de cannelle, girofles apportés par un élevage crémeux, luxueux. La fraicheur est préservée. Finale sur le chocolat, une touche de toast, le confit de cerise kirschée. Le balsamique, une pointe herbale, le graffite froid apportent vibrance. 2-3 ans à 5-6 ans.
- Crama DeMatei

Nichée entre les collines de Tegăneanu et de Zorilor de la DOP Dealu Mare, Crama DeMatei s’occupe de 70 hectares de vignes. Les vins du domaine, inspirés par l’emblématique étiquette « Prince Matei » une des premières marques post- communistes depuis 1998, reflètent un dialogue intemporel entre tradition et précision moderne. Au cours des dernières années, depuis l’acquisition de la cave, l’apport d’équipements à la pointe de la technologie et la diversification de l’offre ont généré une vraie montée en gamme saluée par la critique internationale.
Crama DeMatei « Patima dupa Matei » – Dealu Dumbala DOC Dealu Mare 2021 14,9% vol. – Région des Collines de Muntenie& Oltenie / Muntenie Rubis profond, teinte violine. Nez encore sur la retenue, encore juvénile. Mûre, cerise noire percent un voile cacaoté ou la nuance liftée rafraichit joliment le potpourri épicé. Bouche suave et crémeuse, portée par une sensation de fraicheur aromatique. Salivation et juteux de matière, avec un cœur épicé, transpercé par de tanins serrés. L’élevage se superpose encore avec des épices, le girofle, la finale se teinte de cannelle, de réglisse, sur fond de mûre, cerise, touche de pain d’épices. Sérieux, structural. Attendre 4- 5 ans à 10 ❤
Crama DeMatei « Matei » Reserva DOC Dealu Mare 2019 Merlot, Cabernet- Sauvignon, Fetească Neagră – Région des Collines de Muntenie& Oltenie / Muntenie 14,9% vol. Gréant rubis profond. Il sort de sa retenue de jeunesse dans un esprit frais, lifté : cerise, griotte, balsamique floral se teinte d’épices de Noël – cannelle, girofle. Envolé, frais, d’une acidité cependant pondérée. Tanin sérieux, serrant le cœur de bouche réchauffant par une trame grainée, sur les épices : réglisse, girofle, cannelle. Le chocolat, cacao et les bonbons « mon chéri » arrivent en finale. Très lisse, policé, long et épicée avant de rebondir sur le juteux : cerise, griotte à l’eau- de- vie. Attendre encore 4-5 ans bien que déjà très séduisant. ❤
- Beciul Domnesc

Fondé en 1949, Beciul Domnesc est l’un des plus larges producteurs de vin de Roumanie avec un portefeuille diversifié qui comprend vin, eau-de-vie, liqueurs et vinaigre. Aujourd’hui, l’entreprise exploite plus de 1 400 hectares cultivés dans les DOP : Cotești, Odobești, Panciu et Huși. Le monument historique, la cave « Beciul Domnesc » fait la fierté de l’entreprise. Cette cave remonte au 14ème siècle, sous le règne de Stefan le Grand et abrite plus de 100.000 bouteilles de vin. En raison de son importance historique, le monument a été inclus dans le fonds du patrimoine culturel de la Roumanie. Ses vins et ses eaux-de-vie allient tradition, échelle et savoir-faire récompensés de nombreuses médailles lors de concours nationaux et internationaux.
Beciul Domnesc « Cuvée ’49 » DOC- CMD Huşi 2023 – Fetească Neagră & Cabernet- Sauvignon – Région des Collines de la Moldavie Rubis modéré. Un nez poivré, entre cerise et prune rouge fraiche, ou la touche de cuir côtoie le bois exotique. Le poivre n’est pas sans rappeler une Syrah. Suavité de texture et fraicheur, grande vibrance, toucher satiné, avec profondeur. Un vin de structure ferme et granuleuse, cœur délicieux, dans un style entre Pinot et Syrah. Cerise, framboise, poivre, réglisse, girofle, un élevage maitrisé, se fondant dans la générosité, la finale repart sur des épices de Noël et floralité, cerise croquante, griotte. Long. Potentiel de garde 6-8 ans ❤
- Crama Gîrboiu

Domaine familial fondé en 2005 à Vrancea par suite de l’acquisition par Constantin Gîrboiu de la Ferme d’Etat Dumbrăveni, Crama Gîrboiu fusionne tradition et innovation (barriques neuves, ligne d’embouteillage de pointe, autoclaves pour la méthode Charmat etc) à travers sa cave moderne et ses vignobles soigneusement cultivés. Le lien avec le monde du vin est venu comme une conséquence immédiate et naturelle, une vocation préservée dans cette famille d’agriculteurs depuis des générations. Les vins incarnent l’énergie d’une nouvelle génération enracinée dans l’héritage familial.
Crama Gîrboiu – « Constantin » Premium Red Blend DOC-CMD Cotești 2018 Merlot (40%), Cabernet- Sauvignon (30%), Fetească Neagră (30%) – Région des Collines de la Moldavie 14,5% vol. Grenat profond. Un univers développé, racinaire, entre fruit noir – prune, mûre et cassis en gelée et touche fumée, gentiane. Pointe de douceur en mise en bouche, une chair moelleuse d’acidité fondue et mûre. La bouche étale un volume large, généreux, chaleureux par les épices, les tanins sont granuleux et serrés, enrobés de toucher, par son glycérol. Une chair fruitée, douce, entre cerise, pulpe de prune, nuance fumée et cannelle, croute de pain d’épices. Finale un peu modeste, chaleureuse. Un style pulpeux qui n’est pas sans rappeler le Tempranillo. A boire sur 3-4 ans.
Crama Gîrboiu « Bacanta » DOC-CMD Cotești Feteasca Neagra 2021 – Région des Collines de la Moldavie 15 % vol. Robe grenat. Nez crémeux, pinottant, il livre fruit rouge, épices, sur fond herbal, floral. Cassis et bourgeon se fondent dans un univers qui évolue vers le pot- pourri. Bouche suave, de fraicheur fondue, il étale son volume chaleureux, juteux, enrobant un tannin ferme, épicé. Long, quelque peu herbal, plus évolutif au palais vers la gentiane, cerise, fraises mûres pour finir sur les épices, le menthol. ❤
- Catleya

A Paris, au cœur de la Belle Époque, le prince Bibescu, Marcel Proust et leurs amis dégustaient les vins de Corcova, en évoquant les poiriers en fleurs de ce lieu. Renaissant sur les terres historiques du Prince Bibescu à Corcova, Catleya apporte le savoir-faire français au terroir roumain. Élaborés par Laurent Pfeffer et son équipe, ces vins capturent l’œil et le palais à la fois par l’élégance et l’authenticité, comme une véritable rencontre des cultures et du temps retrouvé. De la rencontre de Laurent Pfeffer et Frédéric Vauthier propriétaire du Château Lucas à Lussac Saint-Emilion (Bordeaux) avec la Roumanie, naît en 2007 un domaine sensible au détail et aux pratiques à la limite entre l’artisterie et l’artisanat.
Catleya « Perfect Simplu » DOC Mehedinţi – Corcova 2021 Fetească Neagră – Région des Collines de Muntenie& Oltenie / Région Oltenie 14,5% vol. Robe rubis violine. Un nez floral, éthéré par le menthol, la fraîcheur de camphre. Floral- herbal à la manière d’un Cabernet Franc. Malgré sa fraicheur olfactive, il inspire générosité en bouche, la sensation fraiche est gardée par le mentholé, mais cœur délié offre un tanin serré, quelque peu austère, herbal. Finale chaleureuse : épices, camphre.
- Cramele Recaș

Enraciné dans la tradition viticole du Banat roumain les terres connues sous le toponyme Recaș sont attestées depuis 1447. En effet, un document parle de l’acquisition par Mihail de Ciorna, le « ban » de Séverin, des vignobles de ces terres aux nobles Ioan et Ecaterina Magyar pour 32 florins (la pièce d’or hongroise circulant à l’époque). Cramele Recaș – société roumano- britannique née en 1991 est l’un des établissements vinicoles les plus dynamiques de Roumanie, alliant héritage et innovation. Avec plus de 1 200 hectares de vignes, elle élabore des vins reconnus dans le monde entier pour leur cohérence, leur créativité et leur lisibilité qui plait tant à l’exportation.
Cramele Recaș « Cuvée Überland » DOC- CMD Recaș-Timiș 2021 – Merlot (40%), Cabernet- Sauvignon (35%), Fetească Neagră (15%), Negru de Drăgășani (10%) – Région Dealurile Banatului 14% vol. Robe rubis profonde. Nez herbal, se développant autour du café vert et du tabac, entre cerise et prunes, mûres et fraiches à la fois. Bouche fraiche par le ressenti, cependant d’une acidité modeste. Le tanin végétal reste dur et sec, enrobé par l’alcool généreux et l’élevage luxueux, épicé, entre cake aux épices, note de cannelle de girofle, finale serrée sur les amers, café, végétal, bois exotique.
- Casa de Vinuri Cotnari

Dans le vignoble historique de Cotnari – un vrai symbole de la viticulture en Moldavie roumaine voir même de la Roumanie viticole par le passé – Casa de Vinuri Cotnari fait revivre les cépages roumains avec une vinification et stylistique contemporaines. Située à Cîrjoaia, au château de Vlădoianu, construit en 1901 par l’ancien gouverneur de la Banque nationale, Vasile Vlădoianu, Casa de Vinuri Cotnari vinifie exclusivement des cépages autochtones dans ce coin historique, tissé de légendes que les héritiers font renaitre depuis les années 2000.
Casa de Vinuri Cotnari « Naiv » – DOC- CMD Cotnari Fetească Neagră – Région des Collines de la Moldavie 13,5% vol. Grenat chatoyant. Un nez net, fruité, livrant cerise, cassis et prune. Bouche crémeuse, soulignée par une pointe de douceur de sa chair tendre, la fraicheur arrive par le sentiment de vibrance, par le fruit. Un tanin croquant sans sècheresse, laissant revenir un juteux salivant de cerise, griotte, prune et épices aux tonalités encaustiques.
- Viticola Sarica Niculițel – Caii de la Letea

Né dans ce qui est probablement le plus ancien vignoble de l’espace roumain – la Dobrogea, près des collines de Sarica Niculițel, Caii de la Letea capture la puissance solaire et la fraîcheur calcaire. Sur cette base traditionnelle essentiellement préservée, les nouvelles technologies de pointe sont introduites depuis l’achat par le groupe Vintruvian afin de faire briller la renommée de région de Sarica Niculițel et ses spécificités : l’Aligoté, le potentiel de fraicheur aromatique, la capacité de faire des rosés dans l’esprit méditerranéen et des rouges solaires en toute digestibilité. Un nouveau terroir pour redécouvrir aussi une autre facette de la Fetească Neagră.
Viticola Sarica Niculițel – « Epiphanie » IG Colinele Dobrogei Fetească Neagră 2019 Région des Collines de Dobrogea 14,9% vol. Rubis sombre. Nez infusé d’épices, il impose sa pointe évolutive par les pruneaux, le fumé, dans une optique de sucrosité. La bouche ample, de chair moelleuse et chaleureuse accueille une acidité fondue et large. Le tanin se montre boisé encore, épicé, tendu et ferme, se resserrant en finale. Gourmandise de pain d’épices : cannelle, girofle, sur des tonalités presque tertiaires par le confit du fruit.
- Viile Metamorfosis

Fondée avec la vision de la famille Antinori, Viile Metamorfosis représente la fusion de l’héritage italien et du terroir roumain. Basé à Dealu Mare, dans les centres viticoles d’Urlaţi et de Breaza, Valea Urloi, y compris les vignobles Fintești et Năeni le domaine possède une superficie de 100 hectares dont 67,17 ha en production. Vitis Metamorfosis se consacre à la viticulture biologique ayant obtenu la certification pour les premières parcelles en 2013 par le biais de l’Austria Bio Garantie.
Viile Metamorfosis « Via Marchizului » DOC- CMD Dealu Mare – Negru de Drăgășani 2021 – Région des Collines de Muntenie& Oltenie/ Muntenie 16% vol. Profond, violacé. Sous voile crémeux, les épices, la réglisse teintent un ensemble de fruit séduisant : mûre, cassis, la gelée de fruits noirs. Balsamique, riche, il s’ouvre sur le cacao, le chocolat. Bouche ample de toucher velours, profond. L’acidité fraîche bien que pondérée et le tanin structuré, diffus dans le toucher chocolaté, donnent un ensemble charmeur enrobé par le crémeux du bois. Finale sur les herbes aromates, balsamiques, les épices, long et éthéré sur fond de poudre de cacao. ❤


