Un printemps très humide
Saint Emilion Millésime 2018 : une année particulièrepar BRUNO SCAVO Le millésime 2018 fut un défi pour certains endroits du Saint Emilion. Tout commença pourtant par un hiver doux, mais ce fut le printemps chargé en précipitations qui annonça le tempo du millésime, sous le signe de la pression du mildiou et d’autres maladies cryptogamiques. Une […]
Saint Emilion Millésime 2018 : une année particulière
par BRUNO SCAVO

Le millésime 2018 fut un défi pour certains endroits du Saint Emilion. Tout commença pourtant par un hiver doux, mais ce fut le printemps chargé en précipitations qui annonça le tempo du millésime, sous le signe de la pression du mildiou et d’autres maladies cryptogamiques.
Une vendange sous le beau temps
Les vendanges se déroulèrent par beau temps, avec comme seule pression les accumulations accélérées en sucre pour certains, en parallèle avec la menace des chutes des acidités. Il fallait veiller à atteindre la parfaite conjugaison, entre maturité phénolique et physiologique, ce qui conduisit souvent à une expression solaire et hédoniste du fruit, avec un alcool élevé.
Résultat inespéré à la base
Si les quantités diminuèrent généralement de 10 à 20% entre dommages du mildiou, les tris sévères et la concentration, les tarifs n’ont pas flambé à tous les niveaux, des valeurs sures existent à des prix plaisir aussi. Car la crainte aurait pu venir davantage dans ce vrai laboratoire des expérimentations du Bordelais qu’est la rive droite, où les châteaux investissent et s’innovent en permanence depuis les garagistes aux plus consacrés. Le millésime 2018 serait-il un signal pour ceux qui, à la manière des vins de garage cherchaient l’ultra concentration, la vendange la plus tardive, le rendement le plus minimaliste, la proportion de fûts neufs la plus extravagante ? Possible, même si le changement était déjà amorcé, car depuis et malgré d´autres millésimes torrides, on constate un mouvement de recherche de fraicheur, le Cabernet Franc ou le Petit Verdot voire le Malbec reviennent sur ces terres. En 2018 c’est bien ce qu’il fallait peut-être comprendre : doser les extractions et le boisé. Pari réussi pour un bon nombre de Saint-Emilion.

