Révélé grâce au denier Dakar : un Paraguay authentique et accueillant

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Géant médiatique au service des pays visités, pour sa 39eme et dernière édition, le Dakar (rebaptisé Odyssée Dakar) s’est élancé d’Asunción la capitale Paraguayenne. Fous de foot et de courses automobiles et bien décidés à mettre en exergue les attraits touristiques de leur pays les paraguayens ont profité de cette vitrine et accueilli avec un enthousiasme délirant le plus gros événement sportif de leur histoire. L’occasion pour nous de partir à la découverte de l’une des plus anciennes cités d’Amérique du Sud fondée en 1537 par les téméraires Conquistadors en quête d’Eldorado.

Aujourd’hui un rien provinciale, Asunción n’en évoque pas moins au travers de son riche patrimoine architectural la grandiose opulence de cette période coloniale. Sans mer, enclavé entre le Brésil, la Bolivie et l’Argentine, partagé par le fleuve à qui il doit son nom et qui sur un axe Nord-Sud sépare le pays en deux régions, le Paraguay s’étire sur plus de 400 mille kms. Jadis peuplé par les indiens Guarani (dont le nom reste très présent à commencer par celui de la monnaie du pays ) découvert par les conquistadors espagnols en route pour les minerais d’or du Haut Pérou (actuelle Bolivie ), colonisé, évangélisé par les jésuites, il obtient son indépendance en 1813. Au travers du drapeau flottant sur tous les édifices et du témoignage des rues et places rebaptisées au nom de braves et de militaires (à voir l’émouvant Panthéon National des Héros), le peuple fervent patriote a gardé en mémoire le souvenir douloureux de ses deux grandes guerres. La plus ancienne, celle de la Triple Alliance(1865/1870) contre le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay a fait disparaître la quasi totalité de la gens masculine. Quant à celle du désert du Chaco, une cinquantaine d’années après, contre la Bolivie limitrophe, elle a laissé encore plus exsangue le pays. Le pouvoir absolu exercé ensuite par le général Stroessner n’a pas aidé à la reconstruction et ce n’est que récemment que la population a réussi à se libérer du joug dictatorial dont elle a souffert le long de son histoire. De nos jours, malgré le passage à la démocratie, les structures industrielles qui peinent à repartir et l’économie encore précaire sont à reconquérir. Qu’importe, les Paraguayens qui souffrent d’un déficit de notoriété sont fiers de leur combat passé, de leur pays et… de leur foot !

Asunción est aujourd’hui un centre administratif industriel et financier qui rassemble à lui seul le tiers des sept millions d’habitants du pays. Ce pole essentiel regroupant usines textiles, chaussures, tabac combiné à une activité portuaire conséquente, il le doit (un peu à l’égal de la Suisse en Europe) au rôle de tampon que joue le Paraguay entre les deux géants économiques d’Amérique du Sud : le Brésil et l’Argentine. Ne soyez donc pas étonnés de déceler ici plus d’établissements financiers que de coiffeurs ou d’alimentations! Pas ou peu de grands magasins ou de grandes surfaces non plus que de boutiques de luxe (c’est d’ailleurs la moins chère des capitales de l’hémisphère Sud) mais des artères jalonnées d’échoppes où l’on vend pêle-mêle un peu de tout , très souvent des pneus, ce qui laisse imaginer l’état des routes! Une atmosphère brouillonne avec des murs tagués et des panneaux géants vantant des publicités criardes. Des vendeurs à la sauvette guettant aux feux rouges. Des bus qui brinquebalent portent des affichettes « Yo manero, Dios me cuidad » (je conduis, Dieu me garde). Abandonnés, des chantiers paressent sous un soleil omniprésent. Un petit air provincial dans ces rues à angle droit, de veilles églises, des maisons désertées ou en ruine, de jolies places entourées d’arbres magnifiques : manguiers, Jacarandas, orangers… et des quartiers plus riches et plus calmes bordés de belles maisons aux pelouses impeccables.

Dans la cité ancienne on trouve la cathédrale Notre Dame d’Asunción flanquée de ses deux tours carrés oh combien représentative de l’époque coloniale, des bâtiments très stylés, de somptueuses battisses souvent décrépites mais portant encore beau avec leurs colonnades et leurs galeries extérieures. Elles déclinent une palette de couleurs pastels grises, roses, vert d’eau ou jaune. Des moulures et des cariatides de pierre ennoblissent encore les façades aristocratiques. Les hautes porte-fenêtres se parent de majestueux encorbellements. Grand genre, de lourds portails de fer forgés hérissés de pics rébarbatifs rappellent la puissance des colons au temps de leur splendeur espagnole. Quelques silhouettes isolées empruntent l’ombre des murs. Le temps semble s’être arrêté il y a quelques siècles…

La Casa de la Independancia aux murs en adobe et toits de tuile date, elle du milieu du XVI eme. La ville moderne s’est érigée lors des années 1840/1865 avec des architectes européens. L’anglais Taylor a construit l’arsenal et la superbe gare centrale aujourd’hui désaffectée et presque en ruine!( plus de train au Paraguay!). L’italien Rivazza quand à lui est l’auteur inspiré d’ œuvres néoclassiques telles la douane et le toujours magnifique Théâtre Loppez. A noter qu’Asunción a toujours été un lieu réputé pour la musique, la poésie et les arts. De nombreux festivals culturels continuent de s’y dérouler. Ouverte en 2013 sur prés de 4 kms de jetée qui encercle la magnifique baie, La célèbre Costanera offre un lieu de promenade sportive et ludique. En famille ou entre amis les citadins s’y précipitent pour marcher, bronzer, nager, se restaurer à bon marché, prendre les bateaux pour la vue superbe sur la ville.Un rendez vous incontournable ! Las, plages et eaux ne sont pas souvent très propres et la fréquentation aléatoire. On y propose drogue et faux en tout genre en provenance des favelas voisines qui étalent leur misère joyeuse (moins pénible au soleil ? dixit Aznavour).

Tout proche, le monumental Palais du Gouvernement datant de l’époque post-coloniale, avec une belle galerie de style italien, d’immenses jardins et des gardes armés en permanence n’empêche nullement la présence de ces favelas… Vu de cette Costanera, les couchers de soleil y sont pourtant merveilleux. La police y patrouillant non stop les week-end, mieux vaut donc pour les admirer y aller en fin de semaine. C’est également ce moment là qu’a choisi la municipalité pour y organiser sous très haute sécurité le départ du Dakar. Animations, pilotes, véhicules, caravane publicitaire et autres concerts pour deux jours de festivités vrombissantes ont attiré une foule en délire et pas un seul incident!

Dans ce Paraguay traversé par le Tropique du Capricorne, le soleil n’en finit plus de briller. Même troublée par de soudaines et brutales averses, la chaleur ne cède rien ! La raison sans doute pour laquelle les habitants avalent des kilos de glace ou se trimbalent avec de gros thermos remplis d’eau glacée. Elle est destinée à leur boisson nationale, le fameux tereré. Pour le préparer on met la yerba maté ou thé des jésuites (des plantes séchées) dans la guampa, un petit récipient de forme allongé en terre ou en corne muni d’une bombilla pipette métallique avec un filtre à son extrémité et l’on verse l’eau réfrigéré. On touille et on aspire. Le mot tereré vient du tintement de la bombilla contre la guampa. Lorsque l’on ajoute dans le thermos des yuyos (plantes médicinales), ce breuvage se dote de vertus thérapeutiques. Il soigne aphtes, urticaire, anxiété… Éminemment convivial,(même si on peut le boire seul), lorsque plusieurs personnes partagent le tereré, le rituel reste immuable : celle qui l’a concocté boit en premier, remet de l’eau froide et sert la personne suivante. La première continue de distribuer tour à tour ce tereré .(cela peut durer longtemps !) Outre cette boisson traditionnelle les autochtones adorent aussi déguster et partager la fameuse « chipa », leur pain national fait à base de galettes de farine de maïs ou de manioc auquel on ajoute suivant les régions et les coutumes (pas moins de 80 variétés) du lait, du fromage, des œufs …et dont ils n’en finissent pas de se régaler à n’importe quelle heure tout en taquinant l’étranger avec quelques chistes (blagues) en lui apprenant des mots en guarani dont le double sens les fait rire aux éclats.

Porte de la région verdoyante de Gran Chaco, affables, les habitants d’Asunción vous conduiront à la rencontre de paysages bucoliques aux contours apaisés. Sous un majestueux manguier, vous serez charmé par la mélodie harmonieuse d’une harpe, l’instrument national qu’affectionnaient les jésuites ou par les sonorités gutturales du Guarani le langage usuel et sentimental née dans la selve tropicale qui porte si bien dans le cœur les mythes traditionnels de ce Paraguay profondément authentique. Vous serez encore séduit par Pirayu à 50 km de la capitale au nord du département de Paraguri, une ville tout en quiétude sur fond de collines verdoyantes avec de belles maisons coloniales ornées de galeries à pilastres et joliment peintes de couleurs vives. Il s’y pratique un artisanat délicat et héréditaire de cordonnerie, de dentelle et de confection de hamac. L’adorable église néo baroque de la Vierge du Rosaire bâti en 1864 possède un admirable retable polychrome sculpté par les Guaranis de jadis et des madones vêtues de dentelles locales.Quant à la gare achevé en 1864 à l’époque du Président Carlos Antonio Lopez, ce fut une importante voie de transport de troupes et de matériel militaire. Ces deux tours intactes servaient à surveiller les alentours au cours de la guerre de la Triple Alliance. Désaffectée (puisqu’il n’y a plus de chemins de fer) et classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité, elle est reconvertie en musée grâce à la pugnacité ardente des membres de l’office du Tourisme qui la racontent avec l’évident désir de communiquer leur passion. A l’image de ses ancêtres Guaranis qui ont accueilli sans méfiance les espagnols et se sont enrichi de la culture d’immigrants du monde entier, ce peuple mosaïque et doux se montre naturellement amical, bien éloigné de toutes arrière pensées mercantiles. Le logement chez l’habitant est sûr et avenant, vivre et couvert bon enfant ! Un tourisme balbutiant à découvrir sans tarder !

Marie-José Colombani

Au quotidien, la viande

On en mange tous les jours ! La viande vient en majorité de la région rurale du Chaco. Les bêtes gambadent au cœur de vastes pâturages naturels pour donner une chair grasse attendrie par un long mâturage, la viande de bœuf (carne) se compare aisément à celle de sa voisine argentine. le cochon (chancho), la volaille ou le mouton sont tout aussi goûteux A la campagne, on a coutume aussi de chasser et de manger du gibier (perdrix, canards, faisans, lapins ou cerfs par exemple) que l’on cuit souvent à la olla  (marmite).

L’Asado se compose d’un assortiment de plusieurs viandes différentes cuites au dessus de la braise et parfois sur un pieu de bois face au feu. On se sert et on la mange avec du manioc cuit à l’eau ou de la salade mais aussi des pommes de terre, des pâtes (surtout gnoquis et tagliatelles), du riz, et bien sûr des chipas. Les asaditos sont de petites brochettes. Tout se mange dans le bœuf, tandis que le veau (ternero) est plus rare et plus cher , il ressemble d’ailleurs par sa couleur rosé foncé au boeuf

Le chorizo paraguayen se compose d’un mélange de porc et de bœuf.

Pour attendre de déguster les impressionnantes pièces de bœuf et de porc grillées appelées parilladas accompagnées d’une sauce à la tomate et aux poivrons ou bien les escalopes panées (milanesas), les tripes (tripa gorda, chinchulines) ou bien sûr l’asado des plats toujours plantureux, on propose en guise d’apéritif.

La morcilla , un boudin fait de sang de porc, d’oignons et de condiments ou les célèbres petites tourtes appelées empanadas, au jambon, au fromage, au poulet ou encore à la viande hachée.

Le lomito, c’est du steak de bœuf servi tel quel grillé ou cuit à la poêle. Le plus souvent on le prépare en sandwich. Très populaire et copieux (viande, jambon cuit, œuf, fromage, salade, tomate, moutarde, mayonnaise…), il est servi dans les rues comme un hamburger local et distribué depuis peu dans les food-trucks très mode.

Le Rhum paraguayen

Un climat tropical idéal (à l’exception de certaines régions arides, comme l’Ouest) pour la culture de la canne à sucre. Les colons espagnols ont fait découvrir cette plante aux indiens Guarani, qui, ravis, se sont empressés de la cultiver et d’en extraire le rhum. Traitée de manière écologique, la canne bénéficie du ruissellement naturel des eaux fortement chargée en minéraux essentiels. Un élément crucial, dans ce pays ravagé par la déforestation. La particularité du rhum du Paraguay tient à ce qu’il est élaboré à partir du miel de canne, et non du jus de canne, ce qui lui confère des saveurs tout à fait particulières. En exportant désormais à l’international, la marque Fortin s’est imposée comme l’un des acteurs de référence. Le nez du Rhum Vieux trois ans d’âge donne des arômes de violettes, d’agrumes, de fruits et de caramel.

Le Réserve Spécial a bénéficié de 8 années de vieillissement au cours desquels les saveurs ont eu le temps de parvenir à maturation. En prenant toute son expression, Il s’est joliment complexifié. Sa robe brillante a de jolis reflets mordorés. A la dégustation: son corps crémeux dissimule de délicieux arômes de vanille et de caramel au beurre. Il s’assortit d’une belle finale en bouche. Une réussite (encore trop peu connue) signée Fortin emblématique du savoir-faire de la marque Paraguayenne. A découvrir!

Se loger

Encore peu ouvert au tourisme le Paraguay est encore assez limité dans son hostellerie, le logement chez l’habitant commence à se répandre. Souvent une bonne solution car même si le confort est assez sommaire, la propreté est irréprochable, l’accueil vient du cœur et dans ce pays rural les produits sont d’une belle fraîcheur.

Hôtel Las Lomas

Dans un quartier calme bordé d’arbres, les chambres (à peine quinze) quiètes et joliment décorées de meubles et objets, autant de souvenirs familiaux accumulés au fil des ans renforcent une impression douce de se sentir comme « chez soi » Une chaleureuse hospitalité voulue par les propriétaires. Souriant, le service prévenant sait se faire oublier tout en étant présent à chaque instant. Côté restauration, partagé en toute convivialité le copieux et varié petit déjeuner buffet avec pâtisseries maison fait saliver les gourmands. On peut dîner le soir de spécialités locales joliment servis sous les torchères devant la piscine turquoise . Une adresse personnalisée, détendue et toute en charme.

La Alondra Factory Hôtel

Le nec plus ultra de l’hostellerie dans la capitale et même sans doute au Paraguay .Ouvert il y a un an dans un ancienne serrurerie d’un quartier calme et résidentiel proche du centre, superbement reconvertie en trente deux chambres et suites, salons- bibliothèque élégamment douillets, couloirs décorés de tableaux de maîtres, restaurant luxueux aux couleurs pastels, spa haut de gamme et service adéquat, l’ensemble cultive la différence au service d’un design significatif de l’histoire du Pays. Spectaculaire, la suite présidentielle déploie ses 172 m² et s’éclaire d’un astucieux toit ouvrant. Velours, soieries ; meubles d’époque, faïence réactualisées des salles de bains, compositions florales… Tout participe du souci du détail; léger bémol . La restauration si intéressante soit elle et faisant la part belle aux produits locaux n’est pas encore tout à fait au niveau d’excellence qui caractérise l’établissement.

La Quinta

A quelques 80 kms d’Asuncion dans un paysage de verdoyant de montagne et de collines, la Quinta imposante bâtisse de l’époque coloniale est estampillée :Tourisme rural Une dénomination typiquement Paraguayenne pour illustrer la prédominance de forêts de pins et d’un environnement paisible. La maison principale initialement manoir familial abrite le lobby, le restaurant, des salons et des salles de jeux . Les suites et maisons sont disposés au c?ur des jardins abondamment fleuris, et paysagers (5 jardiniers) prolongés par un parc immense avec chevaux, piscine, barbecue, spa et chemins de randonnées. Havre de paix en All inclusive, la cuisine exquise et variée privilégie produits naturels et légumes du potager. Loin de la foule, idéal pour les familles, les séjours romantiques ou les séminaires car bien équipé en salles de conférences

Restaurants

Lo de Osvaldo

Les paraguayens qui vouent un véritable culte au football, (son musée d’Asuncion est un des plus visités du pays) possèdent également un bar restaurant entièrement voué à leur cher ballon rond. Fondé par Calvados Dominguez Dibb, l’ancien directeur sportif du mythique club Olimpia, Lo de Osvaldo en centre ville rassemble plusieurs salles, un salon VIP, une vaste terrasse avec barbecue le tout décorés à la gloire de la passion footballistique : , ses équipes, ses souvenirs ; maillots, coupes, ballons, affiches et autre reliques. Un sanctuaire où, qui plus est, les fans communient en dégustant la meilleure viande grillée du Paraguay. Affilié au Crowne Plazza tout proche, Daniel Bonapartian le chef français de cet hôtel supervise ici une restauration bistronomique impeccablement réussie. Outre les asados et les classiques de la cuisine nationale occupant les premières places, la carte recense aussi, escalopes milanaises, hamburgers et autres salades César. Le service est alerte et enjouée. Attisée à coup de copas de vins argentins et chiliens ou par les bières locales autant que par les matchs haletants retransmis via les grands écrans aux murs, l’atmosphère joviale et bruyante rassemble, les amateurs de foot bien sûr mais aussi des convives venus en curieux attiré aussi par les séductions des papilles . Au coude à coude, ils comblent leurs appétits gourmands en savourant le spectacle. Un incontournable d’Asunción.

Bolsi

Autre institution. Située prés du théâtre municipal et de la bourse, le restaurant le plus ancien d’Asunción affiche complet sept jours sur sept et 24h sur 24. Aucune réservation, aucun passe droit ou distinction de richesse, on fait la queue comme tout le monde assuré ici de se régaler de la meilleure et de la plus grande diversité de plats traditionnels du Paraguay. Une cuisine bien préparée, goutteuse et servie sans parcimonie. Populaire, ce restaurant sait se mettre au goût du jour. Il n’a pas attendu de suivre la mode et propose depuis belle lurette des menus végans ainsi que des vins français même si sur la carte les propositions d’Argentine et du Chili y font florès. Ambiance sympathique et sans chichis ainsi qu’au bar qui lui non plus ne désemplit pas !

Tierra Colorada

Rodolpho Angenscheidt le propriétaire vient d’être sacré meilleur chef d’Amérique latine. Cet uruguayen d’origine concocte dans son petit restaurant de 56 places d’un quartier résidentiel de la capitale une carte inventive et diablement soignée . On y déguste les meilleures chipas du pays .Un mix parfait de cuisine gastronomique françaises (le chef a fait ses classes à Paris)de savoir faire et de saveurs Guarani mettant à l’honneur la richesse et la variété des produits locaux. Ainsi de l’agneau à la sauce manioc cuit 24 heures ou le suribi le gros poisson blanc de rivière local (sans arrête ! dixit le chef) servi avec de la purée de citrouille et des palmiers chauds ou encore en dessert, l’unique fromage blanc de vache(une spécialité spécifique) accompagné de goyaves et papayes confites avec une glace de patates douces. Superbe carte des vins dont un délicieux malbec au nom du chef et élaboré à Mendosa sous sa houlette. Très connu, Rodolpho, géant débonnaire derrière ses petites lunettes est star des émissions culinaires télés.

Eduvigis

Dans la jolie cité de Pirayu, installée dans une vaste maison plus que centenaire ayant servie de dépôt de munitions lors de Grande Guerre, Eduvigis restaurant à thème raconte l’histoire de la ville inspirée par le général Jose Eduvigis Diaz, le grand vainqueur de la bataille de Curupayty. Le patron édite un journal relatant anecdotes et faits d’armes. Soigneusement restaurée comme à l’époque avec ses murs de briques apparentes, la maison a gardé son âme et cultive les souvenirs guerriers à coup de réunions, manifestations et… cuisine . Son restaurant de 170 couverts donne sur la rue principale et sert son plat fétiche :la «Trinchera de Curupayty » un pain maison fourré comme un sandwich avec viande et sauce aux arachides accompagné de boulettes de pommes de terre et d’origan ; Très apprécié aussi le « matambrito Attack » censé donner courage aux soldats et aujourd’hui rassasiant les touristes avec son pain maison au manioc et servi façon pizza aux tomates fraîches et porc. Les desserts font également référence à la Triple Alliance comme la « Cascada mMdama» où Eliza lynch une femme intrépide allait se baigner. C’est un biscuit à base de fruits et de crème d’arachide. Aujourd’hui, le service allègre, les plats qui ne lésinent pas sur la quantité et le rapport qualité prix en font un endroit très fréquenté, l’occasion pour les touristes de confesser leurs pêchés de gourmandise dans la l’église de la vierge du Rosaire voisine.