Quelle performance pour la viticulture Cognac ?

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Le cognac affiche une surperformance par rapport au marché mondial des spiritueux, avec une croissance des ventes de 27% en volume et de 60% en valeur depuis 2009.

A l’occasion de la deuxième journée du Cognac, qui a rassemblé le 22 janvier à Cognac plus de 700 professionnels du secteur (négociants, viticulteurs, distillateurs, tonneliers, …), les résultats de la 2ème édition du « Baromètre du Cognac » et a fait le point sur la filière, ses enjeux et ses défis pour les années à venir. Avec plus de 500 000 hectolitres vendus en 2012, et un chiffre d’affaires de près de 2,4 milliards d’euros au niveau mondial, le cognac représente aujourd’hui 25% de la production française de spiritueux. Les ventes de cognac représentent 66% des exportations françaises de spiritueux en valeur. Singapour et la Chine sont les 2ème et 3ème marchés à l’export pour le cognac, après les Etats-Unis, avec encore de fortes perspectives de croissance. La filière est cependant confrontée à de nombreux défis, qui sont essentiellement liés à la dynamique des ventes : l’augmentation du prix du foncier, la structuration des exploitations et la reconstitution des stocks. L’objectif de cette journée du cognac étant de rassembler l’ensemble des acteurs de la filière pour échanger sur les enjeux et les défis du secteur mais aussi les opportunités et les perspectives pour l’avenir.

Consécutivement à cette nouvelle tendance, les coûts de production du vin (servant à la production du Cognac, après distillation et vieillissement) ont fortement augmenté entre 2005 et 2009. Les coûts ont été comprimés en période difficile, de même que les investissements ont été limités. La meilleure orientation du marché a permis à la viticulture d’investir de nouveau et de se recentrer sur la valorisation de la production. En 2011, le coût de production s’est stabilisé du fait d’une climatologie atypique, mais il paraît probable que sa progression se poursuive dans les années à venir.

Il est à noter par ailleurs que l’investissement global de la viticulture, même en hausse significative, est toujours et essentiellement financé sur fonds propres.
Les 3 défis de la croissance : l’augmentation du prix du foncier, la structuration des exploitations et la reconstitution des stocks.

• L’augmentation du prix du foncier est significative. Entre 1999 et 2010, la valeur vénale de l’hectare a augmenté de 94% (de 14 300 euros à 27 700 euros) alors que les ventes de cognac ont augmenté de 60%. Toutefois, le prix d’un hectare de vigne en région Cognac reste modéré par rapport aux autres vignobles prestigieux : environ 40.000 euros l’hectare de vigne contre un prix 25 fois plus élevé en Champagne. Un prix qui toutefois a tendance à augmenter depuis quelques mois.

cognac-glass-rikke-hagen-150x150• Le secteur fait face à une concentration des exploitations qui s’accélère. En 2012, on dénombre moins de 5000 exploitations, d’une superficie moyenne de 15,54 hectares. Et, selon Antoine Mornaud, directeur de clientèles spécialisées du Crédit agricole, cette tendance va se poursuivre : « Le nombre d’hectares exploités par des sociétés est deux fois plus important aujourd’hui que le nombre d’hectares en nom propre – c’est-à-dire détenus par un viticulteur de façon traditionnelle – alors que les deux étaient à l’équilibre en 2000. D’ici 2020, nous estimons que les hectares en société seront près de 4 fois plus nombreux que les autres, et constitueront 80% des modes d’exploitation. »

• Enfin, si la production est supérieure aux ventes (confiants en l’avenir, les négociants reconstituent leurs stocks), on note néanmoins une baisse du stock en nombre d’années de sortie. L’augmentation des ventes induit un tassement de ce critère essentiel : « En dessous d’un ratio de 7 ans, on considère généralement le niveau de stock comme insuffisant. Cela peut créer des tensions sur le marché des approvisionnements, comme nous en connaissons d’ailleurs aujourd’hui dans la région », conclu Vincent Nobileau.