Le Cercle Polaire

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Arctic Race of Norway 2016 - 11-14 aout 2016 - Saltdal Kommune

Autour du cercle polaire Arctique : la nature en majesté !

Au cœur de l’été depuis cinq années, attirant de plus en plus d’aficionados venus d’Europe, l’élite du sprint mondial a désormais rendez-vous en Norvège. Serpentant le long de fjords majestueux : Fauske, Mo iRana, Mosjoen et Sandnessjoen en passant par Saltfjellet, le point le plus haut du cercle polaire arctique à 680 mètres au-dessus du niveau de la mer, l’Arctic Race of Norway, la course la plus septentrionale de la planète est devenue une incontournable du calendrier cycliste. L’opportunité pour les aficionados de la petite reine de jouer les touristes émerveillés par les beautés grandioses d’une nature encore à l’état pur. Hauts plateaux de montagnes, solitudes glacées, espaces sauvages, courants côtiers et océaniques, pimpants villages de pécheurs typiques avec leurs maisons en bois colorées…, autrefois, ces régions éloignées étaient inaccessibles, mais de nos jours, il existe un important réseau de routes et de petits aéroports avec des vols réguliers entre les agglomérations, Une occasion de s’immerger dans les splendeurs vivifiantes de ce comté de Nordland tout auréolé d’embruns où glaciers et cascades incarnent de sublimes manifestations d’une nature toute puissante.

La côte courbée qui, étirée en une ligne droite serait plus longue que l’équateur recense une multitude d’îles, de fjords et d’îlots dispersés au large de rudes espaces naturels et de forêts profondes. Grâce au Gulf Stream les eaux de l’Arctique norvégien ne gèlent pas. Ses ports libres de glace constituent un extraordinaire vivier pour les poissons, moules, coquilles Saint-Jacques, écrevisses crabes royaux et autres crustacés qui s’y développent plus lentement tandis que l’air froid conserve la fraîcheur de la pêche. Un véritable trésor marin. Jadis débuté modestement, en vendant quelques morues et harengs séchés aux Anglais, la Norvège est aujourd’hui le deuxième exportateur de produits de la mer. L’équivalent de 37 millions de repas pêchés dans les mers norvégiennes se consomment chaque année à travers le monde. Chaque printemps, migrant dans le Nord depuis la mer de Barents, près de 100 millions de morues arctiques viennent ici pour se reproduire. Des dizaines de ports d’escales desservies par le célèbre Hurtigruten le caboteur traditionnel le long du littoral servent de comptoirs aux fournisseurs locaux qui peuvent ainsi commercialiser à la fois leurs pêches mais aussi les gibiers et les produits agricoles. En réalité peu peuplée, cette partie du Nord de la Norvège qui compte pourtant plus d’un tiers de la surface du pays ne compte que 240 000 habitants.

Dans l’arrière-pays où les bois recèlent une multitude de baies sauvages et de champignons, la cueillette est une activité à temps plein. On rencontre ça et là des rennes ou des élans dont les Samis (le peuple indigène) font l’élevage dont l’industrie est la pierre angulaire de leur culture, des paysans accro à leur agriculture vivrière se déplaçant l’hiver en motoneige et quelques tentes de mushers installées lors des courses de traîneau à chiens. Les rivières regorgent de poissons tandis que les vergers et potagers dument bichonnés assurent le quotidien, autant de légumes et de fruits frais (goûtez aux fraises et aux carottes du mignon petit village de Valnesfjord) qui parfument et enrichissent la cuisine locale. Ceux qui vivent là privilégient une vie saine au plus proche d’une nature qu’ils chérissent et préservent jalousement. Ils adorent le sport, un véritable ADN chez eux. L’enthousiasme lorsqu’il s’agit de sports est d’ailleurs ce qui caractérise le mieux l’esprit Norvégien! Ski, raquettes, natation, danse, voile, kayak, marche… les habitants de ces contrées rudes les pratiquent depuis des temps immémoriaux avec une assiduité et une ferveur toute jubilatoire. Il en va de même aujourd’hui pour le cyclisme ! La petite reine participe d’un véritable engouement et connaît un succès grandissant. A preuve la foule joyeuse et exubérante comme surgie de nulle part (on ne répertorie que 6 habitants au km² !) le long de la route de l’Artic Race proclamant leur amour du vélo à coup de pancartes, de musiques tonitruantes et de déguisements furieusement bariolés, même les chiens en sont revêtus encore que ce soit pour la bonne cause (des œuvres caritatives)…. Dans un même élan, ils étalent aussi à tout va leur chauvinisme exacerbé pour « leurs » coureurs. Et tous de se précipiter derrière leurs compatriotes sprinters pour  bruyamment les encourager, les soutenir et les congratuler! Impressionnant ! Un élan qui s’inscrit également depuis les années 2000 dans la construction grandissante du nombre de pistes cyclables nationales sillonnant la Norvège. Une aubaine loin du trafic intense pour les touristes d’appréhender à son rythme le pays en toute sécurité. Et pour également constater la légendaire et chaleureuse hospitalité inhérente aux pays froids, celle de ses locaux bienveillants toujours prêt à partager un bout de saumon, une bière ou un aquavit (les distilleries abondent dans le pays), histoire de trinquer encore et toujours à la mémoire des ancêtres les fameux vikings dont les drakkars (les étroits bateaux en bois léger à faible tirant d’eau, redoutablement rapide aux mains de ces navigateurs émérites) s ‘exposent en majesté sur le port de Rognan où paradent lors de sorties commémoratives à la gloire de l’héritage viking : force, témérité et courage fièrement revendiqué !

Le phénomènes naturel des fjords, à lui seul la symbolique norvégienne avec leurs étendues d’eau tranquilles, ils ressemblent à de beaux lacs. Trompeuses ces eaux sereines sont salées car ces fjords sont en réalité des bras de mer pénétrant souvent jusque très loin dans l’arrière-pays. De chaque côté, des falaises imposantes les encadrent. Sur leurs flancs presque à pic, des chutes d’eau magnifiquement irisées, parfois impressionnantes dévalent des glaciers qui étincellent tout là-haut. Tandis que des rivières sauvages coulent à travers des forêts caduques et de conifères vers des lacs glaciaires, des glaciers et des montagnes escarpées. Cette eau de fonte donne aux rivières et au fjords en contrebas leur merveilleuse teinte émeraude. Aux alentours les paysages bucoliques demeurent sauvagement intacts. Le temps semble arrêté dans les minuscules villages disséminés dans les vallées verdoyantes en contrebas. Une époque où les gens étaient fermiers, gardiens de troupeaux ou chercheurs de minerai en cultivant leurs lopins de terre avec constance, une époque où l’on récoltait les fruits tombés et où une tête de mouton constituait un mets de choix ( pour le folklore, c’est encore vrai). Si l’on s’aventure par les nombreux sentiers balisés vers les neiges éternelles et ce malgré la présence d’un guide attentif, cet univers glacé et immaculé étreint le randonneur le renvoyant à la solitude d’une nature belle comme figée à jamais. Lorsque l’on redescend, on peut aussi rejoindre la mer, naviguer d’un fjord à l’autre où prendre son temps pour un safari à la recherche d’ oiseaux planant dans le ciel : macareux, aigle royal… ou voir se prélasser phoques et marsouins ou se dandiner les otaries avant qu’elles ne plongent dans les eaux froides.

A l’entrée du Saltfjord, dominée par de hautes montagnes, Bodo, la capitale du Nordland et 2ème ville de Norvège, point de départ des îles Lofoten doit son essor au commerce du hareng. C’est aujourd’hui une cité dynamique et culturelle connue pour sa population d’aigles de mer à queue blanche la plus importante du monde et surtout situé à une trentaine de kms, pour le Saltstraumen le courant marin le plus puissant de la planète. A marée haute, Il est causé par l’énorme pression des quatre cents mètres cube d’eaux qui s’engouffrent dans l’étroit bras de mer de 3 kms reliant les deux fjords de Saltenfjord et Skjerstadfjord et induisant des courants contraires pouvant aller jusqu’à 40km/h. Dans un vacarme d’enfer, de gigantesques tourbillons de plus de dix mètres de large et de cinq de profondeur jaillissent alors  entraînant des milliers de remous incroyables. Saisissant ! Site privilégié pour les poissons : cabillauds, lieues noirs, loups de mer, flétans, baudroies On y a pêché à la ligne le plus gros lieue noir du monde Chaque fois que la marée s’inverse, les eaux se calment. Les bateaux en profitent alors pour emprunter le passage. Juste au dessus, dans les montagnes sauvages Il y a 10 000 ans des chasseurs vivaient ici attirés par les torrents poissonneux. Les vestiges de leurs habitats, (les plus importants de Norvège) ont été découverts dernièrement au bord du glacier. Des randonnées y sont proposées.

Au royaume de la lumière : Soleil de Minuit l’été, aurores boréales l’hiver.

La lumière quasi omniprésente si favorable à la production de fruits et légumes sublime encore la beauté des paysages .Les nuits d’été au nord du cercle polaire Arctique le soleil ne plonge jamais sous l’horizon, après avoir brillé sur les fjords, les îles et les montagnes, Incandescent de mille feux, il semble avoir stoppé sa course pour offrir son grand spectacle en un étincelant camaïeu de rouge et d’orangé illuminant de clarté le ciel et la terre ; c’est le fameux soleil de minuit, il fait encore grand jour dans le silence de la nuit : une lumière naturelle la plus pure qui soit se reflète comme des miroirs, danse sur la surface des eaux profondes, projette des ombres vacillantes sur les rochers et réchauffe l’atmosphère qui se fait quiète et délicieusement douce… Devant tant de beauté intemporelle, l’on n’a pas sommeil, une impression identique au cours des nuits d’hiver très longues et très froides au moment des aurores boréales embrasant les cieux et déployant des flammes de lumière rougeoyante tour à tour pourpre ou violette irradiée de vert et de bleu…

Le cercle polaire Arctique

66° 33′ N Le Cercle Polaire Arctique ! La ligne imaginaire où l’été le soleil de minuit laisse place aux nuits noires une fois l’hiver venu correspond à une réalité scientifique : l’inclination du globe terrestre s’accentue à mesure que l’on se rapproche du Nord. Pourtant dans l’inconscient collectif, cette ligne en priorité du mythe et des légendes d’autant que son décor s’y prête. Veillé par les montagnes enneigées, comme au milieu de nulle part, Le paysage dénudé est follement battu des vents. Les plaques de névés et les rochers nus où agrippent avec opiniâtreté des lichens orangés contribuent à créer le climat imaginaire pour âme romantique. Les norvégiens ont installé là un énorme centre commercial où tout, vraiment tout ; la moindre poupée, doudoune, foulard, bonbons…, où même le plus petit crayon est estampillé « Artic Circle », il y a un restaurant où l’on mange du sauté de rennes labellisé. Au comptoir on vous tamponne un passeport « Artic Circle ». On poste vos cartes postales « Arctic Circle » et les souvenirs « Artic Circle » se vendent comme des petits pains. Le centre ne désemplit pas. Evidement, en haute saison, il faut faire un peu abstraction de la multitude de cars, motos, mobil-hommes et voitures stationnés alentours. Ils gâchent quelque peu la magie du lieu… Il ne reste donc qu’à trouver un endroit pour pouvoir composer son petit kern ; l’empilement de cailloux signe au Nordland d’éternité et de résistance aux rudes lois de l’univers !

Marie-José Colombani