Confessions Gourmandes : Philippe BESSON

129

Les confessions gourmandes de Philippe Besson par Paul Wermus

Un père instit’, une mère clerc de notaire, curieux parcours que celui de Philippe Besson, avant même d’être un homme de lettres connu, il fut un temps prof’ de droit, puis collaborateur de Laurence Parisot, puis, un beau jour, il quitta le monde des affaires pour celui de la littérature… Son premier roman « En l’absence des hommes » se vendra à 80.000 exemplaires. Son style dépouillé rappelle celui de Marguerite Duras. Cet éternel jeune homme a déjà une œuvre derrière lui : « L’arrière-saison », qui lui vaut le Grand Prix RTL, avec « Un  garçon d’Italie »  et « La maison Atlantique » le voici devenu un écrivain incontournable de sa génération. Ce qui caractérise cet auteur singulier, c’est son éclectisme : dramaturge, scénariste, critique, animateur télé (Paris Dernière), chroniqueur sur ondes de RTL (« On refait le monde »), infatigable il vient de publier « Patient zéro ». A la fois esthète, épicurien, Philippe Besson a la palette gustative aussi variée que son œuvre : cet homme ne manque pas de goût !

Paul Wermus : Vos premiers souvenirs gourmands ?

Philippe Besson : Ma grand-mère me faisait du riz au lait à la vanille recouvert de caramel, ce dessert est à l’origine de ma gourmandise.

P.W. : Gamin, vous étiez déjà accro au sucre ?

P.B. : J’adorai les fraises tagada, les mistrals gagnants, les carambars.

P.W. : Cuisinez-vous ?

P.B. : Déjà gamin, je préparai des cakes au raisin, des tartes aux pommes et des crêpes avec tout le cérémonial qui s’impose.

P.W. :  Vos plats préférés ?

P.B. : J’ai des goûts très simples : des pâtes fraîches au basilic, l’escalope milanaise, les pizzas, j’ai une vraie passion pour la cuisine italienne.

P.W. : Vos adresses italiennes de prédilection ?

P.B. : « La cantina » avenue de Ségur, Paris ; « La casa bini » à l’Odéon.

P.W. : Parlez-moi de ce que vous détestez.

P.B. : Je ne supporte pas les viandes fortes, comme le gigot de mouton, l’épaule d’agneau. Je déteste la morue et je ne m’oblige pas à manger ce que je n’aime pas. J’ai passé l’âge !

P.W. : Quels sont les bistrots que vous fréquentez assidûment ?

P.B. : « Le bouledogue » rue Rambuteau, pour son onglet de veau et ses frites, « Jo Allen » un restaurant américain, rue Pierre Lescot, pour ses hamburgers, ses brownies, sa salade César. Je suis un homme d’habitudes, ce qui ne m’empêche pas d’aimer découvrir des nouveaux lieux.

P.W. : Vos dernières découvertes ?

P.B. : « Le champeaux », la nouvelle brasserie de Ducasse sous la canopée aux Halles et le « Za » imaginé par Philippe Stark, c’est le restaurant du futur. On commande son menu sur une appli, le plat arrive sur un tapis roulant ! Pas l’ombre d’un serveur et l’on paye avec son smart phone.

P.W. : Les restaurants étoilés, ça n’est pas votre tasse de thé ?

P.B. : Il y a des établissements de luxe comme « Benoît » ou «  La dame de pic » que j’apprécie ainsi que les bistrots de Yannick Alléno sous la Bourse et à la Mutualité et je n’aime guère les grandes maisons. Je ne suis pas suffisamment patient pour passer trois heures à table.

P.W. : Etes-vous amateur de vins ?

P.B. : Avec une préférence pour le champagne Ruinart blanc de blancs et le rosé.  Ayant fait mes études à Bordeaux, je préfère un Saint-Emilion à un Côtes du Rhône, et j’ai récemment découvert un  nouveau cocktail cognac schweppes, un vrai régal !

P.W. :  Vous êtes sur une île déserte : qu’emportez-vous ?

P.B. : Des langoustines, des spaghettis et un cheese cake

P.W. :  Votre point de vue sur les critiques gastronomiques ?

P.B. : J’aimais bien François Simon quand il allait dans les restaurants en caméra cachée pour Paris Première. D’une façon générale, les critiques gastronomiques comme Petitrenaud pratiquent une langue très littéraire. Quand on les écoute, on savoure, on salive, on est déjà à table.

P.W. : Suivez-vous des régimes ?

P.B. : Je n’ai pas tendance à prendre du poids, mais je fais très attention à ma consommation de sucre pour des raisons de santé.

P.W. : Ecrivez-vous à jeun ?

P.B. : Quand je m’attèle à un roman, j’oublie la faim et la soif. Je peux passer huit heures sans manger.

P.W. : Qu’est-ce qui peut vous énerver au restaurant ?

P.B. : J’ai horreur d’être dérangé par les cris des enfants et je constate que le serveur parisien est fidèle à sa mauvaise réputation.

P.W. : Etes-vous accro aux émissions culinaires ?

P.B. : Je peux regarder avec plaisir « Top Chef ». J’ai longtemps vécu avec l’idée que la cuisine s’apprenait patiemment avec le temps. Je suis fasciné par ces gamins de 18 ans qui mitonnent devant des caméras, des plats alambiqués, c’est franchement bluffant, ça relève du prodige.

P.W. : Qu’est-ce qui vous coupe l’appétit ?

P.B. : Des propos racistes, misogynes et homophobes.

P.W. : Vous avez une devise ?

P.B. : On ne peut pas déjeuner avec le diable, même avec une longue cuillère !