Confessions Gourmandes : Bernard MABILLE

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Les confessions gourmandes de Bernard Mabille Par Paul WERMUS

Bernard Mabille qui célèbre ses 40 ans de carrière a débuté dans la vie active comme Représentant de Commerce en produits alimentaires. L’expérience fut brève, journaliste au Quotidien de Paris, c’est à la suite d’une critique aussi acerbe que drôle sur Thierry Le Luron que ce dernier lui proposera d’écrire ses textes, leur collaboration durera 7 ans. Sociétaire des « Grosses Têtes » à RTL, pensionnaire de la revue de presse diffusée sur « Paris Première », le voici actuellement en tournée à travers la France avec un one man show « Mabille de la tête aux pieds ». Comme à son habitude, il commente l’actualité, n’hésite pas à payer des costards aux politiques pour un public conquis, à droite comme à gauche, personne n’est épargné. Cet humoriste s’apprête à publier un petit ouvrage caustique « Peut être gras mais jamais lourd ». Mabille récuse l’étiquette de chansonnier, en revanche, il assume bien volontiers sa surcharge pondérale comme sa gourmandise. Ce gastronome à force de sillonner le pays, connaît comme sa poche les meilleures tables de France .

P.W. : Vos premiers souvenirs gourmands ?

B.M. :  Ma mère me préparait des plats plutôt roboratifs comme la tarte au fromage, le pâté en croûte, l’omelette Parmentier… En vérité faire la cuisine m’ennuyait.

P.W. :  Vous avez toujours été attiré par la bonne chair ?

B.M. :  Petit, j’étais déjà aux fourneaux, où je me préparais des meringues, mousses au chocolat et Mont Blanc à base de crème fraîche normande et de crème de marrons.

P.W. : Vos premiers pas dans la vie active surprennent ?

B.M. :  J’ai été démonstrateur de purée en flocons dans les cantines scolaires puis je suis devenu représentant de commerce de bouillon cubes dans le supermarchés habillé en marin pêcheur devant une barque en carton. 

P.W. : Vous êtes un habitué des bistrots ?

B.M. :  C’est avant tout l’ambiance que j’apprécie. Citons pour Paris le « O Vingt-Deux », rue Jean Goujon, pour ses pâtes aux cèpes, le « Café Constant », rue St Dominique, pour son menu à moins de 20 euros sans oublier l’autre établissement de Christian Constant « Le Violon d’Ingres » pour son vol au vent. « La Vieille Auberge » à Asnières pour sa tête de veau, « L’Opportun » du Gros Serge, boulevard Bouillon Saint Cyr, pour son ris de veau, son fromage de tête, ses quenelles et ses vins de soif.

P.W. :  Vous n’êtes pas un inconditionnel des restaurants étoilés ?

B.M. :  J’ai toujours l’impression de me faire escroquer : le paleron à 110 euros, sous prétexte qu’il est servi deux fois et tous ces plats pauvres, comme le cassoulet, facturés des fortunes me choque, c’est de l’escroquerie, rien ne m’agace plus que de voir tous ces chefs philosopher, donner leur avis sur tout… On leur demande juste de faire la cuisine.

P.W. :  Il y a bien des grandes maisons que vous appréciez ?

B.M. :  Guy Martin du « Grand Véfour » pour ses ravioles de homard, Lasserre pour son pigeon Malraux.

P.W. :  Vous fréquentez surtout les bonnes petites tables de Province ?

B.M. :  A Dieppe, « Le Comptoir à Huîtres » situé dans le port industriel, pour ses couteaux à la plancha mais aussi pour son rognon de veau, « La Maison Crouzil » à Plancoët pour son homard au beurre blanc, « L’Hôtel de France » à Pléneuf-Val-André pour son menu « Petits St Jacques » à 25 euros et sa joue de bœuf aux carottes nouvelles, « Le Lion d’Or » à Chauvigny dans la Vienne pour ses abats. Et quand je suis chez moi dans le Gers, la maison « Mouton » à Mauvezin tenue  par une sacrée cuisinière, le menu est à 15 euros, au choix, magrets, confits et croustades de pommes, rajouter 2 euros de supplément pour son foie gras. 

P.W. : Quels sont vos vins de prédilection ?

B.M. :  J’apprécie surtout les blancs comme les Coteaux de Gascogne, les Côtes du Rhône et le Beaujolais, dans les rouges le Sancerre et le Pomerol.

P.W. : Vous êtes sur une île déserte, vous avez droit à trois produits ?

B.M. : Du cantal, du museau vinaigrette et une miche de pain.

P.W. : Que détestez vous au restaurant ?

B.M. : Le service ampoulé, le maître d’hôtel qui vous récite le menu appris par cœur, et qui conclue en vous souhaitant bonne dégustation, et j’ai horreur des musiques d’ambiance.

P.W. : Et les plats que vous détestez ?

B.M. : ma grande mère un jour me servit du lapin, quelque temps plus tard, j’appris que c’était mon lapin domestique. J’ai aussi le souvenir que l’on m’obligeait à manger de l cervelle une horreur et ne me servez surtout pas du vinaigre balsamique sur des endives au Roquefort

P.W. : Faites-vous des régimes ?

B.M. : J’ai été obligé d’en suivre un à cause de mon diabète. Aujourd’hui à la maison, priorité à la cuisine à la vapeur. J’ai perdu 8 kilos que j’ai repris quand j’ai arrêté de fumer. 

P.W. : Votre compagne Dominique n’est pas sans talent !

B.M. : Elle me concocte comme personne la lotte à l’Armoricaine et le baba au Rhum

P.W. : Quels sont vos projets ?

B.M. : Une tournée de 7 mois avec mon dernier spectacle « Mabille de la tête aux pieds ».

P.W. : Et la politique dans tout ça ?

B.M. : Disons que la cuisine politique ne fait pas appel à de grands maîtres queux ! Le « PS », j’ai beau le chercher, j’ai du mal à le trouver. Le retour de Sarkozy : un feu de paille. Il pratique la méthode Zachary : plus loin tu envoies la balle, plus elle te revient fort au visage

P.W. :  Une devise pour conclure ?

B.M. : Bien mal acquis ne profite qu’à Platini !!