Malte, un archipel couleur de miel

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En plein cœur de la Méditerranée, Malte, un archipel couleur de miel.

Une forteresse redoutable aux allures florentines, des palais aux somptueuses façades renaissance, de délicieux petits ports qui somnolent sous le soleil, des marchés bruissants de couleurs, des villages agrippés aux flancs de collines arides et des sentiers odorants qui dégringolent jusqu’à des criques secrètes. Malte la grande île avec ses 400.0000 habitants, Gozo la petite, 30.000 âmes peuplant ses treize villages perchés et sa seule ville Rabat rebaptisé Victoria par les anglais, Comino la minuscule qui ne compte que sept occupants et deux îlots : Cominotto et Filfola, inhabités si ce n’est par d’étranges lézards à trois queues.

Une histoire mouvementée

Plus que ses rares richesses naturelles, c’est sa position stratégique qui depuis toujours a fait de Malte l’objet de furieuses convoitises. A l’aube des échanges commerciaux méditerranéens, tous ceux qui pouvaient naviguer ont cherché à s’emparer de ses douces collines calcaires recouvertes à leur sommet d’argile bleuâtre et de sable vert. L’héritage de ce bouillon de culture, on le sent partout, dans les ruelles étroites de Mdina, la «cité du silence », dans les effluves épicées qui flottent sur les étals de poissons et de crustacés du petit port de pêche de Marsaxlokk où se balancent les « luzzu », les barques ornées des fameux « yeux d’Osiris » censés protéger les marins. On l’entend dans la langue maltaise truffée de mots latins, arabes, anglais, italiens ou français, un ruisseau charriant dans son chant les oliviers de Palestine, les agaves de Sicile ou les chênes kermès de Tunisie. Mais surtout on le voit sa mémoire millénaire se déroulant comme un parchemin où les innombrables jalons architecturaux jouent les enluminures, les ruelles tortueuses et étroites des vieilles cités médiévales, les magnifiques façades renaissance, les grandes maisons bourgeoises aux frontons néo-classiques.

La cuisine : une mosaïque d’influence

A l’image de cet environnement , la cuisine locale est une mosaïque d’influences diverses, voisine de celle de la Sicile avec un zeste d’Orient et quelques solides souvenirs d’Angleterre et de la douce France. Cuisine de pauvres et de marins, elle fait le compte de tout sauf du temps et de la peine. Il en découle un art culinaire véritable, sans monotonie, qui utilise tout : tripes, tiges, feuilles, racines, fleurs… généreusement relevées d’épices qui poussent en abondance dans l‘île.

Régalez-vous

Dans des auberges touchantes de simplicité de l‘intérieur des terres, on déguste les meilleurs « timpanas » que l’on puisse rêver : sous une croûte de macaronis moelleux, un hachis de boeuf et de poulet parfumé de thym, de marjolaine et de menthe des garigues voisines épousent étroitement aubergines et petits oignons revenus à l’huile d’olive et mijotées dans une sauce tomate pimentée et aillée accompagné d’œuf. Une merveille !

On vous régalera peut-être d’un lapin, en maltais « feneck ». Cet animal qui a trouvé sur l’archipel sa terre de prédilection, est généralement cuit dans du vin rouge assaisonné d’ail, de poivre, de laurier et de tomate ou bien en pâté, mariné aux herbes : thym, persil, sarriette (ou pistou) et cuit dans une sauce au vin local où le Malvoisie laisse libre cours à toute son ardeur. Plus près de la mer, le « garnita » un ragoût de seiches et de poulpes, que les pêcheurs tapent à grands coups pour les attendrir, se mijote avec des olives vertes, des oignons, du coulis de tomate et des grains de raisins macérés dans ce même vin rouge épais et un peu enivrant. Un mélange de Sicile, Grèce, Espagne à savourer dans l’assiette, alors qu’avec les « pie », ces croûtes salées ou sucrées qui plaisent tant aux autochtones, c’est l’empreinte britannique que l’on retrouve. On les marie aussi bien avec les légumes comme les épinards à la florentine qu’avec les fruits comme les figues de Barbarie ou bien encore les poissons frits nappés de l’omniprésente sauce tomate relevée d’olives et bien sûr de câpres.

Gozo, l’authentique

Les Maltais perçoivent Gozo comme un refuge pastoral authentique et charmeur. La traversée ne dure que 25 minutes au milieu d’une eau émeraude sans jamais perdre de vue la côte. Mggarr, le port de Gozo protégé par ses deux églises ressemble à une jolie carte sous un ciel immuablement bleu. Et si par inadvertance, il tombait quelques gouttes de pluie, le vieux pêcheur qui ravaude ses filets, vous dira en hochant la tête qu’on appelle ça « du soleil liquide » ! Ici l’air est plus dense, les noms de bourgs plus gutturaux, la campagne plus verte, les paysages plus aigus et plus sensuels, les terrasses plus ondulantes et les gros villages construits en hauteur, plus émouvant. Seuls les chèvres et les ânes sillonnent ces collines où étincellent les taches dorées de quelques chapelles. On cultive encore la terre à la pioche, on moissonne à la faux, on pêche avec constance.

A Qbaijar, damier surréaliste, le sel se récolte encore à la main dans des trous creusés à même la roche. Sur le pas des portes, les femmes s’usent les yeux sur des dentelles arachnéennes ou tricotent d’interminables écheveaux de laine vierge. On vous sourit comme ça, par ce qu’il fait beau et que la tradition veut que l’on reçoive l’étranger comme un ami. On vous renseigne gentiment avec les gestes économes de ceux qui ne s’imposent pas. Au cœur de l’île, émergeant des paysages agrestes, les temples de « Ggantija » les plus vieux du monde dorment paisiblement.

De forme circulaire, ces blocs énormes de mégalithes percés d’alvéoles béantes sont inexplicablement taillés. La croyance populaire en attribuait l’origine à des géants forcément mythiques. Un peu plus loin vivait Calypso la séduisante nymphe qui ensorcela et retint 7 ans durant Ulysse. Difficile d’imaginer l’idylle entre Calypso et le roi d’Ithaque en visitant le minuscule abri rocheux portant le nom de la déesse, en surplomb de la baie de Ramla, d’autant que de nos jours, la plage au sable roux où échoua le marin de l’Odyssée est la plus fréquentée de l’île. Sur une hauteur à quelques kilomètres, Victoria, la capitale déchue toute entière lovée dans sa citadelle veille sur les ruines d’une cité jadis opulente, refuge maintenant pour les seuls troupeaux de moutons. Sur la place centrale, tôt le matin, « It-Tokk », le marché de plein air aligne ses étals et son effervescence bon enfant. Derrière, ruelles et passages égrènent des boutiques de bijoux filigranés, de fruits vendus à la pièce et des échoppes sentant fort le cuir.Aux alentours, des campagnes bien cultivées ordonnent leurs champs en terrasses

Les légumes y sont rois : la tomate mais aussi la pomme de terre et les haricots emmenés par les Espagnols, qui eux les rapportaient du Pérou. Le piment et les fèves que l’on sert essentiellement à Malte avec du poisson et de l’ail. Des petits pois que l’on fait bouillir pour les garder verts à la mode anglaise. Les navets et les panais pour les farcir comme au Moyen Age. Les lentilles et les pois chiches souvenirs des arabes, les aubergines venues du Royaume Ottoman, l’oseille et l’épinard répandus par les Croisés, le fenouil et l’anis que l’on ajoute à l’eau de cuisson des crustacés pour leur donner du parfum, les choux fleurs, les concombres, les artichauts, les asperges, les poireaux autant de réminiscences grecques. Une activité vivrière qui ne subsiste que grâce à l’eau des citernes car cette terre ingrate n’a jamais connu la moindre source ou la plus petite rivière. Le potager raconte pourtant à sa façon l’histoire tourmentée de l’archipel jusqu’aux aphrodisiaques (Calypso en usait-elle?). On en trouve dit-on dans la baie de Dwejra sur la côte ouest. Les champignons qui poussent au lieu dit « le rocher du général » guériraient les maladies et surtout réveilleraient les ardeurs sexuelles. Mythe où réalité ? A chacun d’en décider.

Parce que la vie y est plus rude et le couvert plus frugal, on prie et l’on fait la fête avec plus d’ardeur qu’ailleurs. Au nom des saints patrons, il y a toujours quelques « festas » pour enflammer les esprits. Les villages résonnent alors de chants et de musique carillonnée. Toujours plus belles, toujours plus riches, mêlant joyeusement ferveur religieuse et folklore, les processions s’illuminent de mille ampoules et bougies, on chante on danse, les pétards explosent, les enfants exultent… A la nuit tombée, sacré et profane confondus, les feux d’artifice n’en finissent plus de crépiter en poussières d’étoiles dans le ciel de Gozo.

Guide pratique :

Renseignements : à Paris, pas d’office de tourisme mais un site : www.visitmalta.com

L’euro est utilisé à Malte, la Fête nationale est le Jour de l’Indépendance le 21 Septembre (1964). Aucun décalage horaire. L’anglais et le maltais sont les langues officielles

Une association regroupe à Malte tous les guides locaux.

Renseignements : www.maltatouritguides.org

A Malte on peut apprendre l’anglais sous le soleil et les pieds dans l’eau dans l’eau. La trentaine d écoles linguistiques est listée sur le site www. feltom.com

Y aller

Aérien

4 Vols direct semaine au départ de CDG avec Air Malta

1 vol/jour depuis ‘ Paris Orly Ouest. (À partir de 180 € TTC A/R.)

Tél.: O 826 10 22 23 ou www.airmalta.com

A faire :

De la plongée sous marine. Un masque suffit pour découvrir un univers merveilleux, «les plus beaux fonds de Méditerranée, beaucoup de grottes faciles d’accès,où les ombres et le soleil jouent sur un bleu profond », explique Mark Busuttil, du club Saint Andrew’s Divers Cove. Il organise des baptêmes pour les gens de tous âges, dont de nombreux seniors. Après quelques cours, les débutants peuvent traverser le Blue Hole: un puit dans les fantastiques rochers de Dwejra. Tél. 00 (356) 21 55 1301 www.gozodive.com

A goûter :

A Victoria Dans les rues bordées d’Auberges (anciennes demeures des Chevaliers) flotte un air d’Italie, d’Orient et de Grande Bretagne Arrêt au café du St Lawrence Band Club. Devant un verre de kinnie, la boisson typique à base de quinquina et d’oranges amères, on se lance dans une partie de bingo au milieu des habitués qui se taquinent dans leur drôle de langue. Au pied de l’église de St Laurent, la petite barque de Mr Pury, vieille de 138 ans vous emmène jusqu’aux beaux jardins Barraca. Réservation au : +356 – 792 066 03

Se loger

Hôtel Kempiski

Vaste complexe hôtelier cinq étoiles, service impeccable Avec ses 1700m le spa vous resserve une bulle de détente avec ses soins marins et surtout son centre ayurvédique tenu par du personnel indien qui fait venir les produits directement d’Inde. Le restaurant L’Ortolan propose un choix intéressant de plats locaux Tel +3562211 0000

Tnq ir-Rokon San Lawrenz SLZ 1040GOZO Tel +3562211 0000

www.kempinski.gozo.com

Meridien St julian’s

A partir de 120 € la chambre double, excellent rapport qualité prix. Pour sa piscine sur le toit qui donne l’impression de nager dans le ciel ; Bons service. www.lemeridien.fr

Xara Palace Relais & Châteaux : un bâtiment du XVIIe siècle directement sur les remparts médiévaux , immédiatement aux portes de la veille ville de Mdina. « La ville silencieuse » . Un élégant boutique hôtel de 17 chambres et suites tranquilles ornées de meubles et de tableaux anciens et équipés hight tech. Il offre des vues à couper le souffle sur Malte et la Méditerranée. Petite mais performante salle de remise en forme, sauna, massages et relaxation à la demande . Un restaurant gastronomique De Mondion et une Trattoria, l’AD 1530, plus décontractée et très abordable. Champbre à partir de 180 euros Misrah il-Kunsill, Mdina, Île de Malte MDN 1050

Relais & Châteaux : Centrale de réservations 0 825 825 180

Les Farmhouses

Ce sont des fermes du XVIIIème siècle élégamment restaurées dotées souvent de piscines. Moins excessives, les guesthouses sont d’anciennes maisons maltaises qui n’ont cependant pas le cachet des fermes.

Pour réserver : www.gozofarmhouses.com et Office du tourisme de Malte et Gozo : www.visitmalta.com